La technologie répond de manière automatique à la température ambiante, sans nécessiter de moteurs ni de circuits. (Salata Institute/Harvard)

Un collecteur solaire innovant

Des chercheurs de Harvard ont conçu un collecteur solaire révolutionnaire capable de s’adapter aux besoins saisonniers, abordant ainsi l’un des principaux défis de l’énergie renouvelable : fournir l’énergie adéquate au bon moment. Ce système novateur permet de produire de l’électricité pendant les mois d’été et de fournir chaleur directe durant l’hiver, le tout sans avoir besoin de capteurs, de moteurs ou de circuits électroniques.

Un changement radical

Les technologies solaires traditionnelles sont souvent perçues comme rigides. Par exemple, les panneaux photovoltaïques fonctionnent indépendamment des besoins thermiques des bâtiments, tandis que les collecteurs thermiques produisent de la chaleur même en période de canicule. Ce nouveau dispositif de Harvard propose une solution dynamique.

Fonctionnement du dispositif solaire
Fonctionnement du dispositif solaire. (Salata Institute/Harvard)

Raphael Kay, l’un des auteurs de l’étude, a expliqué que ce collecteur dual s’adapte en fonction de la température ambiante. En période estivale, il génère de l’électricité, tandis qu’en hiver, il fournit une chaleur directe.

Le mécanisme ingénieux

Au cœur de cette innovation se trouvent des matériaux simples : une lentille de Fresnel, une cavité remplie d’eau et une cellule photovoltaïque. Le dispositif utilise le changement de phase de l’eau – de la vapeur à l’état liquide – comme un interrupteur optique. Lorsque la température est élevée, l’eau reste sous forme de vapeur, concentrant les rayons solaires vers la cellule photovoltaïque, maximisant ainsi la production électrique.

Dispositif solaire
Le dispositif est conçu pour s’intégrer dans les fenêtres et façades des bâtiments. (Image Illustrative Infobae)

À l’inverse, lorsque la température descend et que l’eau se condense, la capacité de concentration de la lentille est réduite, permettant à la lumière de passer à travers le dispositif et d’entrer dans le bâtiment sous forme de chaleur.

Une efficacité prouvée

Les tests en laboratoire, simulant des climats similaires à celui de Boston, montrent que le système peut s’ajuster automatiquement en fonction de la température ambiante. Au-dessus de 15°C, il privilégie la production d’électricité, et en dessous, il passe en mode chauffage. Ce dernier atteint une efficacité remarquable, convertissant près de 90% de la lumière solaire en chaleur, une performance qui dépasse largement celle des panneaux photovoltaïques classiques combinés à des chauffages électriques.

Efficacité du dispositif
Le système atteint une efficacité de 90% en chaleur. (Image Illustrative Infobae)

Joanna Aizenberg, professeur à Harvard, a souligné que ce dispositif pourrait être intégré dans des fenêtres, des façades ou des verrières, ajustant sa fonction de manière autonome selon la saison. Sa capacité à prioriser la production électrique en période de forte chaleur est cruciale face à l’augmentation de la demande en climatisation.

Vers de nouveaux horizons

Le défi actuel réside dans le positionnement solaire. Les prototypes sont fixes et atteignent leur efficacité optimale uniquement lorsque le soleil se situe dans une position favorable. En dehors de ces périodes, le dispositif fonctionne par défaut en mode chauffage.

L’équipe de Harvard est en train d’explorer de nouvelles stratégies pour prolonger les heures d’efficacité et faciliter l’intégration de ce système dans des structures variées, comme des serres, des véhicules, et même dans le vitrage des bâtiments.

Cette avancée ouvre la voie à une nouvelle génération de dispositifs solaires intelligents, capable de maximiser l’utilisation de l’énergie et de s’adapter aux besoins changeants des utilisateurs et aux variations climatiques.



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