Mohammad Bagher Ghalibaf : Un Pilier du Pouvoir
Mohammad Bagher Ghalibaf, depuis 2020 président du Parlement iranien, est une figure emblématique de l’élite politique du pays. Son ascension a débuté en 1980 lorsqu’il rejoint la nouvelle Garde Révolutionnaire. À seulement 19 ans, il prend rapidement des responsabilités au sein de cette institution qui devient au fil des années un véritable État dans l’État.
Un Rôle Clef dans les Crises
Ghalibaf est connu pour son rôle crucial lors des manifestations étudiantes de 1999. À cette époque, il seJoint à d’autres commandants de la Garde pour exiger du président de l’époque, Mohammad Khatami, de réprimer les manifestations. Quelque temps après, il devient chef de la police, où il continue d’appliquer une politique de répression durant les manifestations de 2003.
Le Maire de Téhéran et sa Montée en Puissance
Ghalibaf a également été maire de Téhéran pendant plus de dix ans. Ces nombreuses responsabilités politiques lui ont permis de tisser un réseau influent qui, aujourd’hui, le place parmi les hommes les plus puissants du pays. Avec l’absence de l’actuel guide suprême, Modjataba Khamenei, Ghalibaf se retrouve dans une position favorable pour accroître son pouvoir.
Abbas Araghtschi : L’Artisan des Négociations Internationales
Abbas Araghtschi, autre protagoniste central de la politique iranienne, a également joué un rôle significatif sur la scène internationale. Ancien ministre des Affaires étrangères et sous-ministre, il a été l’un des architectes de l’accord nucléaire de 2015. Sa carrière a débuté dans la Garde Révolutionnaire, mais il a rapidement gravi les échelons au sein du ministère des Affaires étrangères.
Un Stratégiste Diplomatic et Académique
Araghtschi a obtenu un doctorat en Grande-Bretagne, où il plaide pour une gouvernance théocratique, affirmant que la démocratie doit céder la place à l’ordre divin. Son expertise et son inflexibilité lors des négociations font de lui une figure centrale, reconnue même par des négociateurs internationaux pour sa rigueur.
Évolution et Défis du Leadership Iranien
La récente ascension d’Araghtschi à un poste de conseiller auprès de la nouvelle direction iranienne reflète sa permanence au sein de l’élite dirigeante, surtout après la mort de l’ancien guide suprême, Ali Khamenei. Sa position lui permet de naviguer dans un contexte politique incertain, où le nouveau guide n’a pas encore su se démarquer clairement.
Alors que les États-Unis continuent de rechercher des canaux de communication avec Téhéran, Ghalibaf et Araghtschi représentent deux facettes d’un leadership iranien en mutation, conciliant passé militaire et aspirations diplomatiques. Ils demeurent des acteurs clés dans l’équilibre des pouvoirs, à un moment où le pays traverse une période de crise interne et de changements géopolitiques significatifs.

