Depuis plusieurs années, l’ industrie automobile traverse une période de profond changement, notamment avec l’émergence des véhicules électriques (VE). En ce sens, Ford a annoncé une transformation majeure de sa stratégie en Europe, espérant se positionner comme un acteur de premier plan dans le secteur électrique. Cependant, la réalité s’avère plus compliquée que prévu.
L’engagement de Ford vers l’électrique
En mars 2022, Ford a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour l’avenir électrique de son réseau en Europe, annonçant sept nouveaux modèles entièrement électriques . Parmi ceux-ci, seul le Ford Puma est un véhicule de la marque. Toutefois, sa conception s’avère limitée, car elle s’appuie sur une plateforme dédiée aux véhicules à combustion, ne laissant guère d’espace pour une batterie performante.
Évalué à plus de 34 000 euros , le Ford Puma peine à convaincre les consommateurs. Avec une autonomie réelle ne dépassant pas 250 kilomètres , il est surtout adapté pour une utilisation urbaine. En parallèle, deux autres modèles, le Ford Explorer et le Ford Capri , sont en réalité des véhicules électriques basés sur la plateforme de Volkswagen , ce qui soulève des questions sur l’identité de la marque Ford.
<img alt="Ford et Volkswagen collaboration" width="375" height="142" src="https://i.blogs.es/2f5159/all-electric-passenger-cars/375_142.jpg"/>Une stratégie risquée empreinte d’incertitudes
Malgré ces avancées, Ford se trouve dans une situation délicate. En 2023, la marque a décidé de réduire ses effectifs, avec le licenciement de 1 000 employés dans sa usine de Cologne (Allemagne). Cela est dû à une demande de véhicules électriques qui reste largement en dessous des prévisions initiales. Selon des sources, Ford n’a vendu que 19 000 unités du Ford Explorer, et le Capri ne performe pas mieux.
Avec une usine modernisée à hauteur de 1 milliard d’euros mais fonctionnant à moyen régime, Ford fait face à une condition économique éloignée de la rentabilité. Le poids des tarifs douaniers américains se fait également ressentir, alors que la firme était en bonne santé, remportant 1,8 milliard de dollars de bénéfices l’année précédente.
Les difficultés du marché européen
Une partie du problème découle du positionnement concurrentiel de Ford sur le marché. En s’engageant à abandonner les véhicules classiques au profit de modèles plus emblématiques, Ford perd de vue ses clients traditionnels . Les modèles comme le Fiesta , Mondeo et Focus étant retirés, la stratégie se concentre uniquement sur des véhicules jugés plus fascinants, mais aux émissions excessives à long terme.
Avec des sanctions européennes imminentes concernant les émissions, Ford se heurte à une réalité : il doit vendre davantage de modèles électriques tels que les Explorer et Capri, tout en laissant la production de modèles thermiques en arrière-plan. Les décisions stratégiques de Ford, comme l’adoption de la plateforme MEB de Volkswagen, laissent à désirer et ont été critiquées par les consommateurs en raison des problèmes d’ ergonomie rencontrés.
<img alt="Stratégie Ford" width="375" height="142" src="https://i.blogs.es/20fe49/ford-motores/375_142.jpeg"/>Conséquences d’une transition chaotique
L’écart entre les performances de Ford et de Volkswagen est palpable sur le marché. En Allemagne , par exemple, les modèles ID.3 et ID.4 de Volkswagen dominent les ventes, tandis que le Ford Explorer peine à se frayer un chemin parmi les meilleurs modèles. En Espagne, Ford n’a vendu que 649 unités de ces deux modèles sur les 21 000 enregistrement total.
Cette dynamique de marché est exacerbée par un autre facteur : de plus en plus d’entreprises proposent des véhicules électriques comme avantages en nature, incitant leurs employés à choisir ces modèles dans un contexte d’ aide gouvernementale . Cependant, même avec ces incitations, les consommateurs préfèrent, dans de nombreux cas, le modèle original à la copie Ford .
Il semble que l’ identité de marque de Ford se dilue dans son ambition d’électrification. Les modèles emblématiques comme le Mustang ou le Bronco ne ressemblent en rien aux modèles électriques actuels, atypiques et sans grande renommée. Si la marque souhaite se défendre sur le marché, peut-être est-il temps pour elle de réévaluer sa stratégie pour faire revenir l’ équipe de direction sur la bonne voie.
En somme, la transition vers l’électrique est un défi que Ford doit relever avec prudence. Les choix doivent être réévalués pour garantir une position compétitive dans un secteur où la différenciation sera clé. La clé sera de créer des véhicules qui non seulement répondent aux attentes des clients, mais aussi représentent ce que Ford a toujours été : une marque audacieuse et innovante .

