La BaFin sous le feu des critiques de Finanzwende

Récemment, la BaFin (Autorité fédérale de surveillance financière d’Allemagne) a de nouveau été qualifiée de “tigre en papier” par des membres de la mobilisation citoyenne Finanzwende. Ce qualificatif est attribué à son manque d’efficacité, particulièrement visible dans le domaine des problèmes environnementaux liés à la finance, notamment en ce qui concerne le changement climatique.

Les revendications de Finanzwende

Pour attirer l’attention sur son message, Finanzwende a organisé un protestation symbolique devant le Frankfurter Literaturhaus. Les militants y ont érigé un grand tigre en papier portant l’inscription “BaFin”, afin de demander plus de vigilance de la part de cette institution sur les questions environnementales. Chiara Arena, porte-parole de Finanzwende, a précisé que les risques environnementaux ne devraient plus être considérés comme un sujet marginal, mais comme une question centrale pour la stabilité financière.

Critiques sur la pénurie de spécialistes des durabilités

Finanzwende souligne que la BaFin manque cruellement de personnel spécialisé pour traiter les risques liés à la durabilité. Alors que l’organisme supervise environ 2 400 banques et institutions financières en Allemagne, seulement deux à trois postes à temps plein sont consacrés spécifiquement à ces questions. Arena a cité des chiffres fournis par le gouvernement en réponse à une demande d’information des Verts, affirmant que cette situation est inacceptable.

Le manque de surveillance spécifique

Malgré des ressources limitées, les autorités évoquent la possibilité de faire appel à des experts de la Bundesbank pour pallier ce manque. Toutefois, Finanzwende insiste sur le fait que d’autres départements de la BaFin, comme ceux se concentrant sur les valeurs mobilières et les assurances, bénéficient d’une plus grande attention et d’un personnel plus conséquent pour les questions de risques.

Les défis liés à la durabilité dans l’évaluation des risques

Les préoccupations autour du climat et de la durabilité doivent être intégrées dans les vérifications financières, comme l’a affirmé Mark Branson, président de la BaFin. En 2023, la BaFin a commencé à inclure ces éléments dans ses évaluations. Cependant, seulement un des quatre examens spéciaux initiaux de cette année met véritablement l’accent sur les risques environnementaux.

Les conséquences potentielles pour le secteur bancaire

Christian Klein, expert en finance durable, a mis en garde contre les risques que les banques prennent en négligeant les impacts du changement climatique, notamment dans le financement immobilier. Des constructions situées dans des zones à risque, comme celles du désastre inondataire de l’Ahr, illustrent le besoin d’une évaluation rigoureuse des risques.

De plus, une attention particulière doit également être accordée aux logements plus anciens, dont la rénovation énergétique pourrait s’avérer coûteuse et pénaliser les emprunteurs, menant à des défauts de paiement qui affecteraient les bilans des banques.

Les banques régionales, souvent engagées auprès d’agriculteurs ou d’entreprises locales, pourraient également faire face à des risques cumulés, notamment avec l’augmentation des sécheresses ou des inondations.

Conclusion

La BaFin, critiquée pour son manque de réactivité face aux défis posés par le changement climatique, est appelées à renforcer sa capacité à surveiller les risques environnementaux. Sans une action claire et des ressources adéquates, la stabilité financière du pays pourrait être compromise face à des menaces écologiques croissantes.



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