Incident au Congrès : Raúl Noblecilla expulsé après des propos sur Fujimori
Le Président du Congrès péruvien, Fernando Rospigliosi, a pris une décision controversée ce mercredi en expulsant le lawyer Raúl Noblecilla, qui défend l’ancienne Première ministre Betssy Chávez. Cet incident a eu lieu lors d’une session plénière, après que Noblecilla a qualifié l’ancien dictateur Alberto Fujimori de “Satanás” et de “desgraciado”.
Contexte de l’accusation
Noblecilla était présent pour défendre Chávez dans le cadre d’une plainte constitutionnelle qui l’implique, ainsi que l’ancien président Pedro Castillo, pour violation de la Constitution. Cette affaire pourrait entraîner une inhabilitacion de dix ans pour l’exercice de fonctions publiques.
Les déclarations polémiques de Noblecilla
Dans son discours, Noblecilla a fait référence à des “camarades” qui, selon lui, ont changé de camp pour rejoindre la droite. Il a évoqué les années 90, affirmant qu’à l’époque, ces derniers considéraient Fujimori comme un “desgraciado” et un “sátrapa” comparable à “Satanás”.
Rospigliosi, membre du parti Fuerza Popular, a rapidement interrompu l’intervention de Noblecilla, affirment que ce serait la dernière fois qu’il tolérerait une telle offensive. Malgré cet avertissement, l’avocat a poursuivi ses critiques.
Réactions et conséquences
Après avoir été expulsé, Noblecilla a exprimé des critiques envers les forces politiques qui ont soutenu l’ancienne présidente Dina Boluarte, qui a été récemment destituée. Son discours a mis en lumière les victimes des manifestations antigouvernementales de 2022 et 2023, où de nombreuses personnes ont perdu la vie.
Il a également traité Boluarte et le parti Perú Libre de “traidores”, accusant ces derniers d’avoir rejoint “les rangs du fascisme”. À ce moment-là, Rospigliosi a ordonné son retrait immédiat, après quoi Noblecilla a quitté la scène en lançant des accusations et en gesticulant.
Contexte judiciaire de Pedro Castillo
L’ancien président Pedro Castillo a récemment été condamné à 11 ans et 5 mois de prison pour complot en vue d’une rébellion, suite à sa tentative de coup d’État du 7 décembre 2022. Cette sentence a également touché l’ancienne Première ministre ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur, Willy Huerta, bien que la peine pour him soit suspendue en attente d’un appel.
En parallèle, l’ancien Premier ministre Aníbal Torres a reçu une peine de six ans et huit mois, mais celle-ci a été annulée pour des raisons humanitaires en raison de son âge avancé.
Ce nouvel incident au Congrès souligne non seulement les tensions politiques au Pérou, mais également l’impact des décisions judiciaires sur le paysage politique actuel.

