La situation de Fernando Hamdan : entre détention et droits humains
Retour sur une arrestation controversée
Fernando Hamdan, activiste bolivien, a été placé sous détention pendant 18 mois dans la prison de San Pedro à La Paz. Son arrestation s’inscrit dans le cadre des enquêtes relatives à un prétendu coup d’État dirigé par l’ancien commandant Juan José Zúñiga contre le gouvernement de Luis Arce, survenu le 24 juin 2024. À ce jour, il bénéficie d’une mesure de détention domicilière, mais se considère toujours comme un prisonnier politique.
Accusations et processus judiciaire
Hamdan, également membre de la Commission Ibero-américaine des droits humains pour le développement des Amériques, fait face à des accusations graves, notamment d’armement et de terrorisme, en lien avec une opération militaire finalement avortée. Selon le gouvernement, l’objectif de cette action armée était de s’emparer du pouvoir exécutif. Cependant, les militaires se sont rapidement repliés après quelques heures.
Sa voix et ses droits au cœur du débat
Dans une récente interview, Hamdan a exprimé sa situation actuelle : « Je me sens comme un prisonnier politique, toujours soumis à un processus judiciaire déloyal. » Il déplore l’absence de droits fondamentaux, notamment le droit au travail, qui lui a été supprimé depuis le 31 décembre 2025.
Manipulation politique et accusations montées
Hamdan affirme que l’ensemble des accusations portées contre lui est une « mise en scène politique ». Selon lui, des autorités, y compris Juan José Zúñiga, ont reconnu que cette arrestation était orchestrée pour améliorer la popularité du président Arce. Il souligne que sa rencontre avec Zúñiga avait pour but d’aborder les droits des prisonniers politiques, mais s’est rapidement transformée en manipulation.
Le système judiciaire en question
Interrogé sur les détails de ses interactions avec Zúñiga, Hamdan a déclaré qu’il avait été en état de quasi-séquestration lors de cette rencontre. À chaque fois qu’il était sollicité pour un appel, c’était sur demande des proches de Zúñiga, renforçant son sentiment d’être piégé dans une machination.
Réflexions sur la détention
L’expérience de la prison a été traumatisante pour Hamdan, marquée par l’absence de liberté et de dignité. Il évoque la douleur de ne pas avoir pu faire ses adieux à sa mère, décédée pendant son incarcération.
Conclusion : un appel pour l’indépendance de la justice
Aujourd’hui, Hamdan reste ferme sur ses convictions : « Nous avons récupéré la démocratie de façon formelle, mais pas l’État de droit. » Il appelle à une véritable indépendance du système judiciaire bolivien, critiquant son incapacité à fonctionner sans une influence politique évidente.
L’histoire de Fernando Hamdan illustre les défis auxquels sont confrontés de nombreux défenseurs des droits humains en Bolivie. Son cas soulève des questions cruciales sur la liberté d’expression et l’intégrité du système judiciaire dans un contexte politique complexe.

