Guerre des cris à Madrid : Le match Real Madrid contre Maccabi Tel Aviv sous haute tension
En cette froide soirée à Madrid, la plaza de Felipe II résonne de cris anti-israéliens et de slogans contre la politique de l’État hébreu. Parmi eux, le slogan marquant “¡Maccabi Tel Aviv, fuera de Madrid!” illustre l’hostilité manifeste envers l’équipe israélienne. À quelques pas de là, le Movistar Arena se retrouve dans une configuration rarement vue : un match de basketball sans public, où seul se fait entendre le bruit strident des chaussures sur le parquet. Ce cadre rappelle amèrement les souvenirs de la pandémie, puisque c’est la première fois depuis quatre ans et demi qu’un événement sportif se déroule sans spectateurs à Madrid.
Une mobilisation massive
Près de 800 manifestants, soutenus par plus de 250 organisations de la communauté palestinienne, s’étaient réunis avant le début du match de la 21e journée de l’Euroliga entre le Real Madrid et le Maccabi. Les organisateurs ont exprimé leur mécontentement à travers un manifeste réclamant la suspension de la rencontre, mettant ainsi en lumière les tensions politiques qui s’infiltrent dans le sport.
Un dispositif policier impressionnant
Pour accéder au Palacio, il fallait naviguer à travers un véritable parcours du combattant, entre les rues barrées et les contrôles de sécurité rigoureux. Le gouvernement, après consultation avec divers services de sécurité, avait décidé de faire jouer le match à huis clos, déclarant la rencontre à “haut risque”.
Tensions et incidents
Avec la manifestation face à une double barrière policière, des tensions ont rapidement émergé. Des partisans pro-israéliens ont dû être évacués par la police après avoir été pris à partie par des manifestants. Parmi les figures politiques présentes, on retrouvait Ione Belarra et Pablo Rodríguez de Podemos, témoignant de l’implication politique dans cet événement.
Critiques politiques enflammées
La politique a également joué un rôle central lors de cette journée. Des responsables de Podemos ont appelé à “empêcher le match de se jouer”, déclenchant des répliques cinglantes de la part du maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida. Ce dernier a dénoncé une “manipulation politique” de la sécurité autour de l’événement, plaidant pour que le traitement de l’équipe israélienne soit identique à celui de n’importe quelle autre équipe sportive.
Un contexte international troublé
Dans d’autres villes d’Espagne, la situation n’est guère meilleure. À Barcelone, un match similaire entre le FC Barcelone et le Maccabi s’est également joué sans public, même si la mobilisation n’atteignait pas celle de Madrid. Cela soulève la question des matches entre équipes israéliennes, qui ont tous eu lieu sans spectateurs en Espagne ces derniers temps (La Laguna Tenerife, Baxi Manresa, etc.).
Vers un avenir incertain
Alors que le Hapoel de Tel Aviv doit se rendre à Vitoria, Barcelone et Madrid en mars, il reste à voir si cette situation se répétera. La sécurité mise en place rappelle celle d’un match de football à haut risque, avec plus de 400 policiers mobilisés et des mesures de sécurité renforcées autour du Palacio.
Cette journée illustre non seulement les tensions sportives, mais aussi les profondes fractures politiques qui continuent de marquer le paysage espagnol. Le sport, censé être une célébration de la communauté et de la camaraderie, se transforme ici en un champ de bataille symbolique des conflits sociopolitiques modernes.

