L’émergence du hantavirus à bord du MV Hondius
Une leçon de la pandémie de COVID-19
L’Espagne a appris, lors de la pandémie de COVID-19, que les crises sanitaires brouillent les frontières entre la santé, la politique et le droit. Avec le récent éclosion de hantavirus sur le MV Hondius, cette situation semble se répéter. Alors que le navire se dirige vers les îles Canaries, une alerte sanitaire se transforme en une dispute politique et un débat juridique concernant 14 passagers espagnols considérés comme asymptomatiques.
La menace du hantavirus
Jusqu’à récemment, la plupart des Espagnols ne savaient pas ce qu’était le hantavirus. Ce virus, transmissible par les excréments et la salive de rongeurs infectés, a causé, en 2025 en Amérique, 229 cas dans huit pays, avec 59 décès dus au syndrome pulmonaire lié au hantavirus. L’éruption actuelle à bord du MV Hondius a déjà conduit à trois décès et à plusieurs infections confirmées.
Un voyage catastrophique
Le MV Hondius a quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril pour une croisière dans l’Atlantique Sud. À peine quelques jours après le départ, un passager septuagénaire néerlandais a commencé à montrer des symptômes sévères, et est décédé quelques jours plus tard. Sa femme, également malade, a succombé à l’infection au cours de son hospitalisation en Afrique du Sud.
Prochaines étapes : vers les Canaries
Le MV Hondius a dû changer son itinéraire après que Cabo Verde a refusé de l’accueillir à cause de préoccupations de sécurité publique. En conséquence, le navire continue vers les Canaries, où il est désormais prévu d’évacuer les passagers affectés. L’OMS a été impliquée et a confirmé l’évacuation de patients malades vers les Pays-Bas pour des soins médicaux.
La polémique autour de la quarantaine
La situation a généré une controverse en Espagne. Les travailleurs portuaires de Granadilla de Abona ont menacé de bloquer le port, invoquant un manque d’informations sur les protocoles à suivre. Parallèlement, la question de la légitimité politique de recevoir le navire à destination a été soulevée. Selon les autorités sanitaires, le MV Hondius ne devrait pas accoster, mais seulement mouiller pour permettre l’évacuation des passagers via des bateaux.
La question du consentement des passagers
Parmi les passagers, 14 sont de nationalité espagnole, et c’est ici que le débat devient encore plus délicat. Une fois en Espagne, ces passagers seront transportés à l’Hôpital de Défense Gómez Ulla pour une quarantaine. Le ministre de la Santé, Mónica García, a indiqué que la durée de la quarantaine dépendrait des protocoles médicaux, mais reste à déterminer combien de temps devra durer cette période.
Outils légaux en cas de refus
Une question cruciale émerge : que se passerait-il si ces passagers refusaient de se soumettre à la quarantaine ? La loi espagnole, notamment la loi 3/1986, permet aux autorités d’imposer des mesures sanitaires en cas d’urgence. Le gouvernement a affirmé disposer de “ressources légales suffisantes” pour protéger la santé publique, et un rapport juridique est en cours d’élaboration pour autoriser, le cas échéant, l’imposition de l’isolement.
Conclusion : Vers une responsabilité collective
Finalement, la ministre a appelé à la responsabilité individuelle des passagers, suggérant que la coopération serait essentielle pour éviter une crise sanitaire plus large. Dans un contexte encore sensible, les autorités espèrent que ces 14 Espagnols choisiront de se conformer aux mesures nécessaires pour protéger la santé de tous.

