Ela Minus a créé son deuxième album dans une période immédiatement post-pandémique. Ces périodes d’incertitude et de désespoir ont imprégné « DÍA », une œuvre dans laquelle l’artiste colombienne se tourne vers elle-même à la recherche de sa propre vérité. Après avoir traversé une crise créative frustrante, il est arrivé un moment où je pensais avoir terminé l’album. Cependant, il s’est vite rendu compte que les paroles étaient trop lointaines, alors il s’est assis à nouveau pour les réécrire jusqu’à ce qu’elles reflètent de manière plus concise sa personnalité et le moment de sa vie.

L’album commence par ‘ABRIR MONTE’, un morceau électronique suggestif de 5 minutes dans lequel on peut apprécier une envie de repartir de zéro. Une nouvelle aube se lève lentement mais sûrement devant l’auditeur avec une force aveuglante. Avec des sons pétillants et une ligne de synthétiseur mystérieuse, le chemin se précise avec l’apparition d’éléments qui imitent les sons de la nature, sur un rythme qui devient progressivement plus énergique.

Comme s’il s’agissait d’une rivière, son courant se jette dans ‘BROKEN’, une mer bouillonnante de house progressive. “J’ai été un imbécile, j’ai agi de manière cool et maintenant je suis brisé” [He sido una tonta, actuando como si no pasara nada y ahora estoy destrozada] Minus avoue dans son refrain addictif. Une phrase simple, peut-être même naïve, sortie de son contexte, qui fonctionne comme un regret des erreurs du passé, mais aussi comme une acceptation de celles-ci pour aller de l’avant.

L’électropop sombre de ‘IDOLS’ s’y rapporte directement en capturant une image sanglante. La narratrice reçoit un coup au visage qui lui fait perdre connaissance pendant quelques secondes. Lorsqu’il se réveille, la première chose qu’il voit, ce sont les gens qui rient autour de lui. Elle ne peut pas se défendre, accepte le coup et continue son chemin. La métaphore est claire : parfois les moments les plus douloureux nous aident à tirer une leçon sur nous-mêmes.

Tout l’album évolue dans ces termes, réitérant l’idée que même si l’on traverse des situations difficiles, les réponses sont toujours en nous avant tout le monde. Le résumé parfait de cela vient de la main de l’un des rythmes les plus contagieux du projet : dans ‘UPWARDS’, Minus chante “I’d love to save you but you’ve got to save yourself / I’d love to save”. toi mais je dois d’abord me sauver” [Me encantaría salvarte pero tienes que salvarte tú / Me encantaría salvarte pero tengo que salvarme a mí primero].

Chaque chanson de ‘DIA’ regorge d’une multitude d’éléments émis par une grande variété de synthétiseurs créés par l’artiste elle-même, qui parcourent aussi bien des zones industrielles (l’excellent ‘ONWARDS’) que des paysages bucoliques (‘ABRIR MONTE’). Quoi qu’il en soit, tout semble toujours se dérouler dans un monde au bord de l’apocalypse. Le son futuriste et les couplets impuissants sur la fin des temps n’empêchent pas l’album de retrouver des moments de pure euphorie. Avec un mélange explosif entre techno et pop, des morceaux comme ‘QQQQ’ nous emmènent directement sur la piste de danse – ou plutôt dans une rave clandestine – et nous invitent à danser comme si la fin du monde allait se produire. ‘I WANT TO BE BETTER’ recycle l’onomatopée de cette chanson, l’ajoutant à sa production surchargée et obtenant un effet irrésistible.

Le coucher de soleil arrive avec ‘COMBAT’, une des plus belles compositions que l’artiste ait signée. Cela commence comme une aventure ambiante épique et se termine comme un puissant hymne d’affirmation de soi. Pour la première fois dans tout l’album, Ela Minus parle au pluriel avec un beau message qui incite à briser les cages et à abattre les murs. Ne pas s’arrêter tant que tout n’est pas brûlé.



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