Comprendre le phénomène du sommeil réduit

Il existe des personnes qui se vantent de ne dormir que quatre ou cinq heures par nuit, tout en affirmant se sentir frais et alertes. Cette situation suscite à la fois une admiration envahissante et une certaine méfiance, car il semble difficile de croire qu’on puisse fonctionner normalement avec si peu de sommeil. Alors que la science insiste sur les dangers d’un sommeil insuffisant, une exception à ce constat a été découverte.

Les recommandations classiques du sommeil

Pendant des décennies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les experts en médecine du sommeil ont conseillé qu’un adulte en bonne santé a besoin de 7 à 9 heures de sommeil pour que son organisme fonctionne correctement. Dormir moins que cela peut entraîner une série de problèmes de santé, allant d’une simple fatigue à des maladies graves comme la maladie d’Alzheimer.

Une exception génétique

Un phénomène remarquable se distingue des recommandations habituelles : environ 1 % de la population mondiale possède une mutation génétique qui leur permet de se priver de sommeil sans conséquence apparente. Cette découverte a été réalisée par la chercheuse Ying-Hui Fu, qui a identifié un lien génétique chez ces individus.

Les recherches sur les familles

Ying-Hui Fu a étudié des familles entières où certains membres réussissaient à fonctionner avec seulement six heures de sommeil par nuit, sans montrer de signes de fatigue ou de déclin cognitif. En revanche, d’autres membres de la même famille nécessitaient plus de huit heures de sommeil. Ces études ont révélé que la mutation du gène DEC2, également connu sous le nom de BHLHE41, jouait un rôle crucial dans ce phénomène.

Des recherches prometteuses

Cette découverte initiale représente seulement la partie émergée de l’iceberg. D’autres études ont identifié une combinaison de mutations génétiques qui optimisent le sommeil, permettant à ces individus de se sentir reposés après seulement quatre heures de sommeil. De plus, ces mutations pourraient offrir une protection contre le déclin cognitif, même en cas de nuits très courtes.

Les risques de vouloir imiter

Il est tentant de vouloir reproduire ce mode de vie en raison de l’essor de figures publiques prônant un sommeil minimal. Toutefois, il est essentiel de différencier ces rares cas de personnes ayant une prédisposition génétique de ceux qui dorment peu par choix ou nécessité. Pour la majorité de la population, des études ont montré que dormir six heures ou moins de façon chronique augmente le risque de démence de 30 %, tout en augmentant les risques de diabète et d’hypertension.

Vers un avenir recherche des solutions

Les scientifiques continuent d’explorer les mécanismes de ces gènes et la manière dont ils optimisent le sommeil tout en protégeant contre les maladies liées à la privation de sommeil. L’objectif à long terme ne consiste pas à développer des pilules permettant à chacun de dormir quatre heures, mais plutôt à créer des thérapies pour les troubles du sommeil et prévenir des maladies comme Alzheimer.

En résumé, bien que dormir peu puisse sembler séduisant pour une minorité génétiquement privilégiée, pour la plupart d’entre nous, le sommeil demeure un besoin fondamental à ne pas négliger.



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