Le président américain, Donald Trump, a récemment exprimé sa volonté de “couper tout le commerce avec l’Espagne” suite à la position du gouvernement espagnol concernant la crise avec l’Iran. Cette menace concernait la possibilité d’imposer un embargo commercial en réaction à la décision de Madrid de ne pas permettre l’utilisation des bases militaires de Morón et Rota pour des opérations contre Téhéran.
Lors d’une rencontre à la Maison Blanche, Trump a déclaré : “Je pourrais arrêter toutes les affaires avec l’Espagne; j’en ai le droit. Des embargos. Je fais ce que je veux avec eux, et nous pourrions le faire avec l’Espagne. Nous allons couper tout commerce avec l’Espagne (…) L’Espagne n’a absolument rien dont nous ayons besoin, à part des gens formidables.” Ses commentaires font partie d’un discours plus large sur les relations internationales et la sécurité nationale.
Qu’est-ce qu’un embargo commercial?
L’imposition d’un embargo commercial signifie une restriction ou interdiction officielle qui limite l’échange de biens, services ou investissements avec un pays. Cela est généralement utilisé comme une sanction politique ou économique pour inciter à des changements de comportement, punir des violations des droits de l’homme ou comme mesure de sécurité nationale. Concrètement, cela signifierait que les entreprises américaines ne pourraient acheter aucun produit ou service espagnol, ni vendre les leurs en Espagne.
Est-ce courant?
Selon le ministère de l’Économie, les embargos commerciaux totaux sont relativement rares. La plupart des sanctions commerciales visent des produits spécifiques. Ces sanctions peuvent cibler à la fois les importations et les exportations, et leur objectif principal est de diminuer la capacité d’un pays à obtenir des devises ou d’augmenter le coût des biens essentiels pour le pays sanctionné.
Pays concernés par des embargos américains
Les États-Unis ont appliqué des embargos à des pays comme Cuba, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie, la Russie et Venezuela, mais aucun pays de l’Union Européenne n’a encore connu de telles mesures.
Les États-Unis peuvent-ils imposer un embargo sur l’Espagne?
Théoriquement, non. Les embargos visent généralement des pays ayant des violations systématiques des droits de l’homme ou représentant une menace pour la sécurité nationale. L’Espagne ne relève d’aucune de ces catégories, étant membre de l’Union Européenne et partenaire des États-Unis au sein de l’OTAN. Les menaces de Trump concernant des tarifs plus élevés n’ont jamais abouti.
Un cadre légal pour un embargo?
Tous les présidents américains des 50 dernières années ont signé des ordres exécutifs pour imposer des embargos. Le cadre législatif est principalement la International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), permettant des contrôles en raison de circonstances affectant la sécurité nationale. Cependant, il serait difficile d’appliquer cette loi sur un pays tel que l’Espagne.
Options de Trump pour sanctionner l’Espagne
Trump pourrait envisager des mesures d’urgence en considérant l’Espagne comme une menace. Même si cela semble improbable, la Maison Blanche pourrait interpréter les refus espagnols comme une action hostile. De plus, il pourrait instaurer un contrôle des exportations à destination de l’Espagne, semblable à ce qui est appliqué sur la Chine.
Réaction du gouvernement espagnol
Le gouvernement espagnol a réagi en affirmant son rôle clé au sein de l’OTAN et sa fiabilité en tant que partenaire commercial. Il a déclaré qu’il punirait toute mesure qui nuirait au libre-échange, tout en assurant qu’il possédait les ressources pour gérer tout impact potentiel sur l’économie.
Les entreprises américaines face à l’exclusion commerciale
Les entreprises américaines ne désirent pas une exclusion de l’Espagne. Ce pays, avec sa population de 50 millions d’habitants, est un marché clé pour des entreprises comme Amazon ou Microsoft, qui ont investi massivement dans les nouvelles technologies en Espagne.
État du commerce entre l’Espagne et les États-Unis
En 2025, les exports espagnols vers les États-Unis ont atteint 16,716 milliards d’euros, représentant 4,3% des ventes de l’Espagne. Les importations espagnoles des États-Unis se sont élevées à 30,174 milliards d’euros, augmentant de 7% par rapport à l’année précédente, ce qui a conduit à un déficit commercial de 13,458 milliards d’euros.
