Vénus, souvent qualifiée de jumelle maléfique de la Terre, abrite certaines des caractéristiques géologiques les plus intrigantes du système solaire. Parmi ses nombreux mystères figurent les soi-disant dômes de crêpes — d’énormes formations volca­niques circulaires qui ressemblent à des flapjacks géants laissés à cuire sur la surface brûlante de Vénus. Bien que les scientifiques aient longtemps pensé que ces dômes étaient créés par l’oozing lent de lave épaisse et visqueuse, de nouvelles recherches indiquent qu’un autre facteur essentiel entre en jeu.

Une Nouvelle Théorie Testée avec un Dôme de 90 Miles de Large

Une équipe de scientifiques a récemment réexaminé cette question en modélisant l’un des plus grands dômes connus de VénusNarina Tholus, qui s’étend sur près de 90 miles (145 kilomètres) de diamètre. À l’aide des données radar collectées par la mission Magellan de la NASA dans les années 1990, l’équipe a construit un modèle numérique détaillé de la structure pour explorer comment différentes propriétés de la lave et comportements de surface pourraient affecter sa forme.

Leurs simulations ont révélé que la lave seule ne pouvait pas expliquer le sommet aplati et les bords fortement inclinés du dôme. Au lieu de cela, la présence de la flexibilité crustale — la capacité de la lithosphère de Vénus à plier sous pression — a joué un rôle crucial. Selon les chercheurs, lorsque cette flexibilité est plus importante, “les sommets des dômes deviennent plus plats et les côtés plus raides.”

Ce phénomène entraîne la formation de la lave qui s’accumule et cesse de s’étendre une fois qu’elle rencontre une croûte douce et déformable, la modelant en un dôme de crêpe classique. Mais la formation de ces dômes est-elle uniquement déterminée par le type de lave ? Probablement pas, selon Madison Borrelli, chercheuse postdoctorale au Georgia Institute of Technology et autrice principale de la nouvelle étude, qui a expliqué par e-mail à Live Science.

La Lave Ultra-Épaisse de Vénus et son Empreinte Géologique

Toute lave ne convient pas au modèle. Les modèles n’ont fonctionné que lorsqu’ils ont utilisé de la lave ultra-dense et hautement visqueuse — une substance plus de un trillion de fois plus épaisse que le ketchup et deux fois plus dense que l’eau. Une telle lave coulerait extrêmement lentement, pouvant prendre des centaines de milliers d’années terrestres pour se stabiliser dans une forme finale. Ce type de lave a également reproduit les renflements crustaux observés autour de certains dômes, qui avaient été constatés dans des études précédentes mais pas pleinement expliqués jusqu’à présent.

La façon dont cette lave se comporte lorsqu’elle rencontre une croûte malléable conduit à des formations avec des sommets plats et des flancs abrupts, imitant de nombreux dômes de crêpes disséminés à travers Vénus. Le succès de l’étude à reproduire ces caractéristiques à l’aide de lave dense et d’une lithosphère flexible marque une avancée significative dans la compréhension de l’histoire volcanique de la planète.

La Vérité sur Vénus ? Bientôt Révélée

Bien que l’étude offre des preuves convaincantes de ce nouveau mécanisme de formation, elle repose actuellement sur un seul dôme. Une confirmation plus large dépendra des futures missions telles que VERITAS de la NASA et DAVINCI, qui devraient fournir des données topographiques améliorées et des aperçus géologiques de la surface de Vénus. Ces missions visent à examiner des milliers d’autres caractéristiques volcaniques et à tester si les mêmes interactions croûte-lave sont présentes à travers la planète.

Si ces résultats sont validés, ils pourraient profondément remodeler notre compréhension de l’évolution de Vénus, offrant des indices sur les raisons pour lesquelles elle a divergé de manière si spectaculaire de la Terre, malgré leur taille et leur composition similaires.



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