
La problématique de la polypharmacie : un enjeu de santé publique grandissant
La polypharmacie , définie comme la prise simultanée de plusieurs médicaments, est un phénomène qui touche de plus en plus de patients, notamment les personnes âgées. Un report récent de l’ NHS Health Innovation Network révèle que plus d’un million de personnes en Angleterre sont prescrites dix médicaments ou plus par jour. Ce surtraitement peut avoir des conséquences graves, telles que l’augmentation des risques d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires indésirables.
Un vieux problème : les effets cumulatifs des médicaments
Il est essentiel de comprendre que l’usage multiple de médicaments, tout en étant justifié pour traiter différentes pathologies, peut mener à des interactions néfastes. Par exemple, des médicaments prescrits pour lutter contre la dépression ou les douleurs chroniques peuvent avoir des effets secondaires qui aggravent d’autres conditions. Chaque année, de nombreux patients, comme Tony Courtney Brown, voient leur ordonnance s’allonger sans que leur situation ne soit véritablement améliorée. Ce dernier a connu une série de complications en prenant jusqu’à 24 médicaments par jour.
Les dangers de la polypharmacie
Le rapport souligne que le problème de la polypharmacie menace particulièrement les personnes âgées. Non seulement la vérification régulière des prescriptions est primordiale pour la santé des patients, mais elle vise également à limiter ces effets indésirables. Des études montrent que plus une personne âgée prend de médicaments, plus son risque de maladies graves augmente. En effet, chaque médicament supplémentaire peut augmenter de 3 % le risque de décès chez les patients de 85 ans.
Le rôle des médecins et des pharmaciens
Sous le contrat des Services médicaux généraux, les médecins généralistes (GPs) sont tenus d’effectuer une revue des médicaments tous les 15 mois pour les patients ayant des prescriptions répétées. Cependant, la réalité montre que ces contrôles fréquents ne sont pas systématiques. Les statistiques NHS révèlent que moins de 1 % de tous les rendez-vous médicaux sont consacrés à l’examen des médicaments, ce qui contribue à la situation alarmante actuelle.
Les professionnels de santé, y compris les pharmaciens communautaires, jouent un rôle clé en effectuant des revues de médicaments via le Nouveau service de médicaments. Cependant, la fréquence et la disponibilité de ces services varient considérablement, laissant de nombreux patients sans soin adéquat.
Tony Courtney Brown, qui était sous traitement avec 24 médicaments par jour.
Des prescriptions inadaptées : le cas de Tony Brown
Tony Courtney Brown, un ancien directeur de la logement, a révélé comment la prise de plusieurs médicaments a non seulement aggravé sa condition physique, mais l’a également conduit à une prise de poids significative et à une sensation constante de malaise. "J’étais devenu une sorte de zombie", a-t-il décrit, soulignant la nécessité d’une révision médicale régulière. Ce sentiment de désespoir l’a poussé à chercher une alternative en se tournant vers des traitements complémentaires.
Les conséquences de l’absence de révision de médication
Être confronté à de multiples médicaments peut engendrer des problèmes de confusion, des chutes et même des hospitalisations d’urgence. Les prescriptions, souvent ajoutées les unes aux autres sans retirer les anciennes, finissent par créer un enchevêtrement complexe de problèmes médicamenteux. Un médecin ou un pharmacien peut ne pas être au courant des changements récents dans le traitement, ce qui peut conduire à des erreurs graves, comme dans le cas d’un patient pressenti pour un traitement anticoagulant alors qu’il prenait déjà un autre anticoagulant, augmentant ainsi le risque d’hémorragie.
Les effets indésirables des combinaisons de médicaments peuvent être graves.
Alternatives à considérer : la prescription sociale
Face à une crise de polypharmacie, les professionnels de la santé commencent à envisager des alternatives aux traitements médicamenteux. Le Dr. Sam Everington, un généraliste londonien, préconise un changement d’approche, en plaidant pour ce que l’on appelle la prescription sociale, qui inclut des modifications du mode de vie et d’autres solutions non médicamenteuses. Cette approche pourrait aider à réduire le fardeau des médicaments et améliorer la qualité de vie des patients.
Conclusion
Il est crucial d’agir face à l’augmentation de la polypharmacie et de ses conséquences. Les examens réguliers des prescriptions doivent devenir une norme, afin de garantir que les patients reçoivent des soins appropriés et efficaces. Des efforts coordonnés entre médecins, pharmaciens et autres professionnels de santé sont nécessaires pour éviter les erreurs potentielles et améliorer les résultats pour les patients. La santé publique dépend de notre capacité à gérer judicieusement les traitements médicamenteux.
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