Aujourd’hui départ pour Washington où demain 1er mars, Giorgia Meloni franchira la porte de la Maison Blanche pour la deuxième fois en 7 mois pour un face-à-face avec Joe Biden. Pas même vingt-quatre heures plus tard, il verra le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Toronto. Une double mission qui arrive exactement une semaine après le G7 que le Premier ministre a présidé par visioconférence depuis Kiev.

Les priorités en vue du G7

L’objectif est en effet de “partager” – soulignent des sources diplomatiques italiennes – avec Biden et Trudeau (le Canada assumera la direction du G7 l’année prochaine) les priorités à poursuivre en vue du sommet qui se tiendra en juin dans les Pouilles. . L’Ukraine ainsi que la guerre à Gaza continuent d’être au centre de l’attention des Majors, avec le thème du développement de l’Afrique (lire Plan Mattei), du renforcement de l’Indo-Pacifique (dont Meloni a longuement parlé avec son son homologue Fumio Kishida à l’occasion de la récente visite au Japon pour le passage de relais du G7) et la régulation de l’intelligence artificielle.

La crise au Moyen-Orient

L’inquiétude est également grande car par rapport à la première rencontre avec Biden en juillet dernier, la tension au niveau international s’est encore aggravée suite à la crise au Moyen-Orient, qui pèse également lourdement sur la campagne électorale du président américain. Meloni, qui lors de sa première visite en juillet avait également rencontré des dirigeants politiques républicains et démocrates, a préféré cette fois limiter sa mission à la seule conversation avec l’occupant de la Maison Blanche. Biden continue de travailler pour parvenir à une trêve, mais le risque d’escalade reste très élevé. Et le retour imminent de Meloni en Egypte, d’ici la première moitié du mois de mars, doit également être lu dans ce sens.

Non aux troupes de l’Otan en Ukraine

L’autre front chaud, l’Ukraine, n’est certainement pas moins inquiétant. Samedi dernier, le G7 a réitéré son plein soutien à Kiev et un pas en avant pourrait être réalisé sur l’utilisation des fonds russes gelés dans les banques européennes, explicitement évoquée dans la déclaration finale et sur laquelle la pression américaine reste insistante. Meloni en parlera certainement avec Biden mais aussi avec Tredeau étant donné que le Canada, comme la Grande-Bretagne et le Japon, a la même position que Washington. La Première ministre a joué un rôle de médiation lors de la réunion de Kiev, qu’elle entend poursuivre. Il n’y a cependant aucune ouverture sur l’hypothèse d’une implication des troupes de l’OTAN en Ukraine, rejetée tant par les États-Unis que par l’Italie. L’Alliance atlantique sera l’autre grand thème sur lequel se concentreront le Premier ministre et le président américain.

Le successeur de Jens Soltenberg

Le prochain sommet de l’OTAN se tiendra dans la capitale américaine en juillet, un mois seulement après le G7 des Pouilles et les élections européennes, destinées à avoir un fort impact sur l’équilibre du continent, tant sur le plan interne que sur la politique internationale. . L’avenir du Pacte est en jeu, notamment en raison de l’éventuelle montée de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais il faut d’abord décider du successeur de Jens Soltenberg au poste de secrétaire général, qui a déjà été prolongé d’un an et expire en octobre. Parmi les candidats les plus forts figure l’ancien Premier ministre néerlandais Mark Rutte, avec qui Meloni a noué des relations solides au cours de l’année dernière, notamment sur la gestion des flux migratoires en provenance d’Afrique et qui ont abouti à la signature du Protocole de Tunis.



ttn-fr-11