La montée des femmes dans le Cártel de Sinaloa
Récemment, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain a désigné 23 individus et entités liés aux Chapitos, une faction du Cártel de Sinaloa, à la suite de violations graves concernant la distribution d’opioïdes synthétiques. Ce développement met en lumière un phénomène préoccupant : la montée en puissance des femmes au sein de réseaux criminels traditionnels.
Des figures féminines stratégiques
Les femmes comme Karina Guadalupe Carrillo Torres et María Viridiana Rugerio Arriaga ne sont pas des exceptions. Karina Carrillo, associée à une série de saisies de substances chimiques, et María Rugerio, qui achète des précurseurs chimiques en Inde, illustrent comment ces figures féminines prennent des rôles de premier plan dans la chaîne logistique du crime.
Des cas emblématiques
Les exemples d’Ana Gabriela Rubio Zea, surnommée « La Gaby », et de Martha Emilia Conde Uraga, connue sous le nom de « Martita », montrent une tendance où les femmes utilisent des façades respectables pour masquer leurs activités criminelles. La Gaby, se présentant comme une activiste écologique, a dans les faits facilité l’importation de composés pour la fabrication de fentanilo. De même, Martita, souvent comparée à Walter White de *Breaking Bad*, gère des opérations complexes sans se mêler de violence.
Les mécanismes derrière cette tendance
La participation croissante des femmes dans les réseaux criminels n’est pas une simple coïncidence. Les autorités américaines signalent que les Chapitos ont délégué à des femmes de confiance le contrôle de réseaux puissants, allant de l’acquisition de précurseurs chimiques à la gestion des actifs financiers. Ces femmes exploitent leur profil public respecté pour naviguer dans un monde souvent dominé par des hommes.
Le rôle des entreprises légales
Ces femmes opèrent souvent par le biais d’entreprises légales comme couverture. Par exemple, Sheila Paola Urías Vázquez, une maquilleuse de Mazatlán, a été identifiée comme une prête-nom pour une série d’entreprises liés aux Chapitos. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il est de plus en plus raffiné, facilitant le flux d’argent et de produits illicites à une échelle internationale.
Un héritage ancien dans le narcotrafic
La présence de femmes dans le narcotrafic n’est pas une invention des Chapitos. Des figures historiques telles que Sandra Ávila Beltrán, connue comme la « Reine du Pacifique », ont joué des rôles centraux dans le narcotrafic depuis des décennies. Ce qui distingue les Chapitos, c’est la sophistication de la manière dont ils intègrent ces femmes dans leurs opérations, leur permettant de participer à des niveaux jamais vus auparavant.
Conclusion
Les femmes au sein des réseaux criminels du Cártel de Sinaloa représentent une force émergente qui redéfinit le paysage du narcotrafic. Leur capacité à allier respectabilité et activités illicites rend leur rôle crucial et met en lumière un aspect souvent négligé du crime organisé.

