La réinvention des villages en Espagne : Le cas de Coca de Alba
En Espagne, de nombreux villages sont aujourd’hui des déserts démographiques , souvent à la recherche d’une nouvelle dynamique. Parmi ces communautés isolées , Coca de Alba, un petit village de la province de Salamanca , a récemment attiré l’attention avec une initiative unique : le bar du village est proposé à la location pour un euro par an, à condition qu’il ouvre ses portes au moins durant les week-ends.
Une histoire d’abandon et d’espoir
Coca de Alba fut autrefois un village vibrant avec une population culminant à 273 habitants dans les années 1960. Actuellement, ce nombre a chuté à 95 en 2024. Ce déclin démographique est symptomatique de nombreux villages en Espagne, où les jeunes partent vers les grandes villes à la recherche d’opportunités. Le conseil municipal de Coca de Alba, sous la direction de sa mairesse Dori Vicente Ciudad , cherche à revitaliser son village grâce à ce bar, qui n’est pas seulement un lieu de consommation, mais également un point de rencontre et de convivialité .
Un bar comme pivot de renouveau social
Pour Dori Vicente, “le bar c’est tout” . Selon elle, il représente bien plus qu’un simple établissement de boisson ; c’est un centre de loisirs et un lieu de rassemblement . Ainsi, l’initiative de louer le bar pour un euro symbolique a pour but non seulement d’attirer un gestionnaire, mais également de dynamiser la population locale , en incitant les nouveaux arrivants à s’installer dans le village .
Cette tendance n’est pas isolée à Coca de Alba. Dans d’autres villages de Salamanca , comme Zorita de la Frontera et Cantaracillo , les bars remplissent un rôle similaire. Pedro Astudillo, maire de Zorita de la Frontera, souligne que le bar est un bien social vital qui favorise la cohésion communautaire . Il est indéniable que ces établissements sont essentiels à la vie rurale, permettant aux villageois de se rencontrer et de partager des expériences.

Coca de Alba
Soutien institutionnel pour revitaliser la ruralité
Ce phénomène d’entraide communautaire est soutenu par des politiques locales. En 2023, la Députatio de Salamanca a lancé un plan de financement de 300.000 euros pour aider les villages sans établissements de restauration à ouvrir des bars. Chaque mairie candidate peut recevoir jusqu’à 30.000 euros pour rénover des locaux. C’est une opportunité précieuse pour des villages comme Coca de Alba qui aspirent à attirer de nouveaux résidents.
Les conditions imposées à ces aides sont strictes : les candidats doivent s’engager à ouvrir le bar durant l’année et à garantir une certaine activité, avec minimum deux jours d’ouverture par semaine. Cela vise à assurer la viabilité des établissements tout en rendant la vie rurale plus attractive.
Au-delà du cas de Coca de Alba : D’autres initiatives en Espagne
Les initiatives ne se limitent pas à Coca de Alba. D’autres villages en Espagne lancent des appels public pour des gestionnaires de bars. Bermellar , un autre village de Salamanca offre également son bar pour un euro, tout en incluant un logement. Même dans des localités de Burgos , des offres similaires fleurissent pour attirer des entrepreneurs au sein de ces communautés rurales.
Des projets comme BarLab Rural , soutenu par Mahou-San Miguel et AlmaNatura, cherchent à relancer des bars dans des villages de moins de 5.000 habitants . En dehors des aides institutionnelles, des initiatives privées émergent également, mettant en avant l’importance d’un engagement communautaire et d’un véritable intérêt pour revitaliser ces zones.
Les exemples abondent sur la manière de favoriser l’organisation en milieu rural, que ce soit par des événements culturels, des assises citoyennes ou même des incitations financières pour encourager les gens à s’installer.
Les villages comme Coca de Alba illustrent les défis que rencontrent de nombreuses localités en Espagne, mais aussi les espoirs qu’ils tendent à réaliser grâce à des initiatives audacieuses et à l’engagement des gouvernements locaux. La réactivation de la vie sociale autour d’un simple bar pourrait être la clé pour inverser la tendance à la désaffection des zones rurales.

