Rap de rue brutal de Francfort sur l’interaction entre la violence et la dépression.
Dès le début de son nouvel album WSSNMB, acronyme de « Why They Name Storms After People », le rappeur de rue de Francfort Vega ose regarder en arrière. La question se pose de savoir pourquoi toutes les conneries dont il nous parle dans sa musique depuis près de vingt ans, la violence, la drogue, le crime, l’ont attiré si magnétiquement, ou peut-être l’inverse : il les a attirés. . Sur le mode de l’emphase absolue, il raconte d’une voix rauque son enfance entre essoufflement et traumatisme transgénérationnel : « Chaque ligne de cette époque est comme une petite mort. »
Mais la vision du présent n’est pas plus positive. Vega signale une « pression dans la poitrine et du plomb[r] Fatigue »et pensées suicidaires associées. Il ne semble trouver réconfort et guérison que dans les bras de sa ville natale, à laquelle il consacre la dernière chanson de son disque, « Part of Me », et dont il ne se lasse pas de proclamer l’éloge, qu’il loue ou non leur antifascisme. (« Ma ville baise ta patrie ») ou leur terre-à-terre foutu (« Dans ta ville tu paies cinq euros pour un flat white, dans ma ville tu paies cinq euros pour une pierre à crack »).
Dans l’urgence de Vega sur WSSNB, seul son collègue gangstarap d’Offenbach a récemment rappé sur la violence de rue et la dépression. C’est juste dommage que Vega ne conserve pas cette tonalité brutale tout au long de l’album et s’ouvre vers la fin sur des accroches pathétiques de la pop allemande qui n’étaient vraiment pas nécessaires.

