Le doyen de la pop met le paquet sur la thématique : cette fois, chaque chanson reçoit deux versions dans le mix.

Le côté lumineux (vulgo : ensoleillé) et le côté obscur de la vie sont déjà suspects dans le premier groupe du classement éternel des thèmes pop. Le simple fait qu’un artiste donne à chacune de ses nouvelles chansons une version lumineuse et une version sombre vaut plus qu’un simple reportage. Et le nom de l’artiste est aussi Peter Gabriel. Il a choisi cet arrangement expérimental et a confié les douze chansons à Mark « Spike » Stent » (lumineux) et Tchad Blake (foncé), qui jouent avec les nuances pour tenter de donner aux images d’ambiance des couleurs fortes.

Amazone

Il ne faut pas 50 secondes dans le morceau d’ouverture “Panopticom” pour attribuer cet album à l’ex-chanteur de Genesis, c’est la voix qui a masterisé “Solsbury Hill” en 1977, elle est juste mixée un peu plus profondément dans la pièce ici. Le panoptique, concept de construction qui s’est imposé comme principe organisateur des sociétés de surveillance, est renversé dans la nouvelle édition de Gabriel. Les anciens sujets surveillent ceux qui sont au pouvoir, Brian Eno laisse les synthés circuler dans la pièce comme un vent de changement. Et sinon ?

Vous trouverez ici du contenu de YouTube

Afin d’interagir avec ou d’afficher du contenu des réseaux sociaux, nous avons besoin de votre consentement.

Il y a des chansons pop mélancoliques et symphoniques comme “Playing For Time”, “Love Can Heal” et la chanson titre “i/o”, qui ont déclenché des jeux de chant électro (“The Court”) et de grands triomphes pop, enregistrés avec le Soweto Gospel Choir. et Orchestre et de nombreux musiciens invités. Tolérance, pardon, mort, chagrin et terrorisme – Gabriel n’a pas vraiment gardé l’ordre du jour petit, mais la mise en œuvre dans la chanson et le son ne rend pas toujours justice aux exigences lyriques. I/O est définitivement devenu un album qui, par son approche globale et intemporelle, constitue un véritable objet d’étude, et fait également prendre conscience que le clair et l’obscur ne sont parfois pas si éloignés, du moins musicalement.



ttn-fr-29