Nouvelle vague allemande venue de Thuringe, entre sécurité confortable et sombre mélancolie.
Le premier album du groupe thuringeois Mamoré sonne comme l’état de sommeil chaleureux et douillet qui s’installe après trois bières bien méritées dans un pub de banlieue pittoresque avec une boule disco scintillante : des synthés chatoyants, une réverbération sourde et le son parfois légèrement marmonné les paroles permettront aux fans des années 80 en particulier de se sentir chez eux et de se sentir pris en charge. MAMORÉ ne cache à aucun moment sa sympathie pour la Neue Deutsche Welle, en particulier le chant falco-esque et staccato du chanteur Eric Schulz, mêlé de R roulants, vous fait ressentir une profonde nostalgie des années 80 que vous ne saviez même pas avoir.
Le contenu concerne tous ces sujets émotionnels qui semblent importants dans cet état de sommeil, dont après trois bières supplémentaires, vous ne pouvez plus dire avec certitude si vous venez d’en discuter avec l’illustre monsieur de la table voisine, avec la barmaid ou simplement avec votre propre reflet. MAMORÉ est donc aussi un album sur une solitude mordante : « Qu’ai-je fait pour que je n’ai plus personne à qui parler ? » demande le moi lyrique désespéré sur « SOS ». Vous pouvez regarder dans un verre de bière, danser ou jouer aux fléchettes au son rétro-moderne de Mamoré. Bref, cela convient à presque toutes les situations de la vie.

