Jack White a un problème : il n’arrive pas à trouver une chanson décente. Ce n’est peut-être pas une nouvelle, mais à l’époque heureuse des White Stripes, il semblait avoir au moins quelques riffs accrocheurs et des crochets dans sa manche. Sur ses albums solo, il aspire au changement, à l’originalité et à la vitalité. Il prend de plus en plus son credo “la forme suit la fonction” ad absurdum.

En fait, les meilleurs moments de l’album se cachent où White ne semble pas savoir exactement ce qu’il fait

L’adhésion stoïque à l’enregistrement sonore analogique et son rejet de Pro Tools et des plug-ins semblent d’autant plus discutables, moins son écriture donne. D’autant plus que l’arsenal impressionnant d’effets de guitare électrique sur “Fear Of The Dawn” ressemble fortement au bricolage de studio qu’il diabolise. De plus, le disque est mixé et masterisé à tel point que la différence avec les productions numériques semble marginale. Jusqu’ici, si techniquement.

“Taking Me Back” va droit au but. Les guitares fuzz d’octave, les synthés déchiquetés et les batteries sèches donnent une mise à jour maniérée du heavy rock de White. Mais déjà dans la chanson titre, qui sonne comme une version peu inspirée de Queens Of The Stone Age sans la basse, il perd son souffle. Même le rythme rapide n’y change rien. “The White Raven” veut submerger avec des riffs de puissance saturés et un charabia lourd et actuel, mais reste un enchaînement sans but d’idées à moitié cuites.

Encore plus marquant : « That Was Then (This Is Now) », qui superpose aléatoirement riff sur mélodie sur changements de rythme. Avec un peu plus de drame, ce serait du Prog Rock. Dans “Hi-De-Ho”, White s’essaie aux mélismes orientaux avant que la chanson ne se transforme en un rap de Q‑Tip. “Eosophobia” est un loup glam rock enragé en fourrure dancehall, “Into The Twilight” filmé par des néons pourrait aussi provenir de “Midnite Vultures” de Beck.
En fait, les meilleurs moments de l’album se cachent où White ne semble pas savoir exactement ce qu’il fait. Ce qui arrive rarement au styliste doué.

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