La protestation de qui ? Dans l’affaire politique et médiatique sur exciser, qui a enflammé le débat public et multiplié les tensions dans la majorité au point de pousser le gouvernement à un revirement confus et seulement apparent sur l’abandon des remises sur les carburants, la question fondamentale a fait défaut en matière de politique économique. A qui profite la baisse des accises ? Et, à l’inverse, qui est pénalisé par son échec à reconfirmer ?

Pour le chef de Fi Silvio Berlusconi, disent les chroniques, les plus pénalisées sont “les mères qui emmènent leurs enfants à l’école”. Pour certains commentateurs, les personnes concernées “sont les pauvres”, car les riches ne s’intéressent pas au prix de l’essence. Mais la réponse ne peut venir que des chiffres, pas de sentiments entachés de faveur ou d’hostilité envers le gouvernement. Et les chiffres sont là.

LA RÉPARTITION DE L’ÉPARGNE

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Coût de 9 milliards en moins d’un an

Dans son audition sur la manœuvre, l’Office parlementaire du budget a expliqué qu’en 2022 les décrets sur les accises nécessitaient 9,1 milliards de mars à décembre, soit un peu moins de 0,5 % du PIB. Dans un autre focus la même Autorité avait mesuré l’impact redistributif des principales mesures de lutte contre l’inflation. Et à partir de ces chiffres, la réponse à la question initiale émerge clairement.

La baisse des droits d’accises, en se généralisant, a favorisé les plus aisés, qui, disposant de plus grandes possibilités de consommation, bénéficient plus largement des mêmes réductions d’impôts pour tous.

68% des remises aux plus hauts revenus

Jusqu’ici nous sommes dans le domaine de l’intuitif. Mais ce sont précisément les chiffres qui donnent la mesure exacte de la question. Les calculs de l’UPB se concentrent sur la période mai-septembre, mais peuvent facilement être étendus au reste de l’année. Et ils disent que 68% des revenus perdus pour l’État, soit 6,19 milliards sur 9,1 en 2022, se sont traduits en économies pour les Italiens qui appartiennent aux cinq déciles de revenus les plus élevés. Ainsi, 2,91 milliards sont allés à ceux qui occupent la moitié la plus pauvre de la fourchette des revenus, soit 32% de l’effort soutenu par les finances publiques. Plus en détail, pour le dernier décile, c’est-à-dire les plus pauvres, le frein aux accises garantissait une économie d’un peu moins de 250 millions, tandis que pour le premier décile, celui des revenus les plus élevés, ils évitaient de dépenser 1,6 milliard : soit 6,5 fois plus beaucoup.



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