L’essor des goshiwon en Corée du Sud
Si Kim souhaitait parcourir son appartement à Séoul d’un coin à l’autre, elle mettrait moins de temps que vous à lire cette phrase. Ce n’est pas qu’elle soit exceptionnellement rapide, mais elle vit dans un goshiwon, l’essence même des micropisos coréens. Ces espaces minuscules, initialement conçus pour d’autres usages, sont devenus le logement de plus en plus prisé par les jeunes.
Qu’est-ce qu’un goshiwon ?
Les goshiwon (ou gosiwon) sont de petits studios loués à des prix abordables. Ils comprennent les éléments essentiels pour vivre : un lit, des placards, et parfois un espace pour un bureau et une douche. Il existe une grande variété dans les équipements et les tailles, allant de 10 m² à des habitacles de seulement 3 m² ou moins.
Accessibilité financière des goshiwon
L’attractivité des goshiwon réside dans leur prix très compétitif. Un goshiwon à Jongno-gru, au cœur de Séoul, coûte entre 400 000 et 500 000 won par mois (environ 270-340 dollars). Dans les zones universitaires, il n’est pas rare de trouver des goshiwon à partir de 150 dollars. Contrairement aux appartements traditionnels qui exigent des dépôts très élevés, les goshiwon se louent souvent sans grandes garanties financières.
Pourquoi un tel intérêt médiatique ?
Bien que les goshiwon existent depuis des décennies, ils attirent récemment l’attention des médias. Leur popularité a augmenté auprès d’un nouveau public, notamment des étudiants internationaux et des Sud-Coréens confrontés à la hausse des loyers. En 2024, 5,3 % des jeunes adultes âgés de 19 à 34 ans résidaient dans des logements non conventionnels, chiffre en constante augmentation.
Les défis du marché immobilier à Séoul
La montée vertigineuse des loyers à Séoul a conduit certains jeunes à se tourner vers les goshiwon. Selon les dernières informations, les prix des logements de la capitale ont atteint leur niveau le plus élevé depuis sept ans, rendant le choix de goshiwon encore plus pertinent pour beaucoup.
La demande croissante
L’expert Kang Mi-na du KRIHS souligne qu’une influx continu de jeunes vers Séoul, associé à l’augmentation des coûts, explique cette tendance. Même si la proportion de jeunes vivant dans des goshiwon demeure faible par rapport à l’ensemble de la population, elle représente une réponse significative face à un marché de l’immobilier de plus en plus difficile.
Conclusion : Un avenir incertain
Les goshiwon, bien qu’initialement conçus pour des séjours temporaires, se présentent comme une solution viable pour beaucoup aujourd’hui. Alors que les loyers continuent d’augmenter, il restera à voir comment ces petites habitations s’ajusteront aux besoins changeants des habitants de Séoul dans les années à venir.
