Les leaders du championnat envoient un signal clair à leurs rivaux. La Juve tombe, mais Motta doit persister avec ses idées, car le football moderne qu’il enseigne à l’équipe portera certainement ses fruits

Arrigo Sacchi

26 janvier – 00h03 -MILAN

La démonstration de force de Naples a été impressionnante, surtout en seconde période. Menés d’un but, après la pause, les garçons de Conte sont revenus sur le terrain avec l’envie d’éliminer leur adversaire et ils y sont parvenus avec courage et idées. Si l’on considère qu’ils affrontaient la Juventus, on peut parler d’un grand exploit. Ce sont des signes fondamentaux qui disent clairement une chose : Naples est en course pour le Scudetto, ils méritent la première place (même si l’Inter a deux matchs de moins), ils divertissent le public (un détail tout sauf trivial) et ils ont totalement absorbé le caractère de votre coach. La Juventus a bien fait en première mi-temps, elle a pressé ses attaquants, ce qu’elle n’a presque jamais fait dans le passé, et pour cette raison je les ai appréciés, mais en seconde période, elle s’est laissée déborder et n’a pas réussi à renverser le score. action. Thiago Motta, que je connais bien et que je respecte beaucoup, ne doit cependant pas se démoraliser : il est sur la bonne voie, il enseigne à ses joueurs un football de possession moderne et agressif.

une étape à la fois

Il faut un peu de patience, mais je suis convaincu que Thiago, à long terme, saura remporter son défi et donner le succès aux Bianconeri. L’important est que le club le soutienne toujours, surtout dans les moments délicats, car c’est dans ces situations que les entraîneurs ont besoin d’aide et de conseils. C’est un technicien formé, sérieux, qui aime son travail et croit en ses idées. Regardez ce qu’il a pu faire lors du dernier championnat de Bologne. Il se rendra également à la Juventus, à condition qu’il ait le temps nécessaire pour exprimer ses réflexions. Le match a été assez équilibré en première partie, lorsque les Bianconeri ont su faire pression sur leurs adversaires et tenter de fermer les lignes de passe. Ça veut dire que Thiago Motta avait bien préparé le match. Ce Naples dispose cependant de ressources techniques et surtout humaines et en seconde période nous avons vu la différence de rythme, de connaissances et d’idées. Au milieu de terrain, les garçons de Conte ont littéralement dominé, prenant le contrôle du match. Ils ont forcé la Juve dans les 30 derniers mètres, ont réussi à égaliser puis à prendre l’avantage : ils l’ont fait avec une détermination et une volonté qui, à long terme, sont essentielles si l’on veut atteindre le grand objectif. J’admire le dévouement total des joueurs à la cause de ce Naples : ils se battent, ils courent, ils ne lâchent jamais un centimètre du terrain et puis ils ont des compétences techniques qui peuvent mettre n’importe quel adversaire en crise. Avez-vous vu à quel jeu Anguissa a joué ? Il était partout, au milieu de terrain lorsqu’il fallait récupérer le ballon, puis immédiatement prêt à diriger la transition et à rejoindre l’attaque pour le coup final ou la tête, comme cela s’est produit lors de l’égalisation. Un joueur que Conte a complètement récupéré, et il faut lui en rendre hommage, après une période plutôt grise. Cela signifie que l’entraîneur est entré dans la tête de ses joueurs, les a convaincus de l’importance du travail et est désormais récompensé par des performances dignes d’applaudissements. Essayez de voir comment les milieux de terrain de Naples bougent lors du pressing : il semble qu’un fil invisible les lie. Ils sont toujours coordonnés : si l’un avance, il y en a un autre prêt à le couvrir. Et Lobotka, qui dirige la circulation, semble avoir un radar dans les pieds. La croissance en seconde période est le résultat notamment de la domination au milieu, car les joueurs de la Juventus n’ont pas trouvé l’énergie pour contrer et redémarrer.

imparable

Il faut ajouter qu’en seconde période, les attaquants de la Juventus ont beaucoup baissé et n’ont pas aidé comme ils le devraient (et le pourraient). D’une manière générale, cependant, la force de Naples était difficile à arrêter : une rivière en crue, action après action, centres à droite et à gauche, pénétrations centrales, échanges serrés près de la surface de réparation. Bref, tout le répertoire qu’on demande à une équipe qui doit nager à contre-courant. Il reste maintenant un dernier obstacle à surmonter : les garçons de Conte doivent garder les pieds sur terre, car il faut un moment pour se croire forts et ensuite prendre une gifle. L’humilité doit être la qualité qui les distingue dans cette deuxième partie de saison, car c’est la qualité qui fait travailler dur sans se sentir fatigué.





ttn-fr-4