Attaques en la région

Récemment, l’Iran a mené des attaques ciblées sur deux centres de données aux Émirats Arabes Unis et un à Bahreïn. C’est le premier cas d’attaque délibérée de ce type, soulignant l’importance croissante des centres de données en tant qu’infrastructure critique, comparable aux centrales énergétiques. Cette situation soulève une question brûlante : quelle était la logique de construire des centres de données dans l’une des zones les plus instables du monde ?

Un projet aux racines profondes

Lors d’un voyage en Arabie Saoudite l’année passée, Donald Trump était accompagné de figures majeures de la technologie, telles qu’Elon Musk et Sundar Pichai. Ensemble, ils ont annoncé des investissements massifs pour la construction de complexes de centres de données. Bien que cette initiative ait pris de l’ampleur sous l’administration actuelle, la précédente avait déjà amorcé des discussions sur le développement d’un écosystème d’intelligence artificielle. En septembre 2024, Joe Biden a rencontré le leader des Émirats pour explorer des alliances stratégiques.

Les motivations derrière les investissements

Le principal moteur derrière la construction des centres de données en Oriente Moyen semble être la rentabilité. Les pays du Golfe, attirants par leurs subventions et leur énergie à moindre coût, offrent des avantages considérables par rapport aux défis rencontrés dans d’autres régions. Cela leur permet d’éviter les complications liées aux réseaux électriques saturés, aux autorisations administratives et à la résistance des communautés locales. Un business séduisant, sans aucun doute.

Le paysage de l’IA au Moyen-Orient

Les Émirats et l’Arabie Saoudite comptent respectivement 57 et 61 centres de données, selon Data Center Map. De nombreux centres appartiennent à des entreprises américaines. Par exemple, Amazon exploite neuf centres dans la région, tandis que Microsoft en possède également plusieurs, y compris un en cours de construction en Arabie Saoudite. Oracle et OpenAI collaborent pour construire un mégacentre de données à Abou Dabi, qui pourrait atteindre une capacité de 5GW.

Les conséquences des attaques

Même si la présence des grandes entreprises technologiques au Moyen-Orient a augmenté, la concentration d’infrastructures reste dérisoire comparée aux plus de 4 000 centres aux États-Unis. Construire un centre de données représente un investissement colossal, les coûts atteignant jusqu’à 50 milliards de dollars par gigawatt, comme l’a souligné Jensen Huang, le PDG de NVIDIA.

Une ironie à méditer

Les mêmes dirigeants qui ont posé aux côtés de Trump doivent maintenant faire face aux menaces pesant sur leurs infrastructures. Investir massivement dans des infrastructures numériques dans une zone instable semblait à première vue judicieux, mais les répercussions de cette stratégie sont en train de se faire sentir. Alors que la guerre contre l’Iran semble s’enliser, rien n’empêche Téhéran de continuer ses offensives contre les installations technologiques et énergétiques de la région. À la recherche de coûts réduits, les entreprises pourraient finalement faire face à des dépenses bien plus importantes à l’avenir.

Image : Data Center Map (éditée)



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