La mégacentral hydroélectrique de Daofu : Un projet d’envergure en Chine
La Chine accélère sa transition énergétique vers les énergies renouvelables. En 2025, le pays a installé davantage de capacité électrique éolienne que les États-Unis en une seule année. De plus, en 2023, il a battu des records en matière de panneaux solaires. Cependant, un défi majeur demeure : le stockage de l’énergie produite, notamment durant les journées ensoleillées ou venteuses.
Présentation du projet
Deux ans auparavant, la société d’État Yalong River Hydropower Development Company a posé la première pierre de la centrale hydroélectrique de Daofu. Située dans la préfecture autonome tibétaine de Garze, dans le Sichuan, cette centrale atteindra une capacité installée de 2 100 MW, comprenant deux réservoirs, un système de conduite forcée, et une centrale souterraine intégrée dans la montagne.
Un record mondial
Une fois achevée, cette centrale sera la plus haute au monde à son altitude, dépassant de 700 mètres la centrale de pompage du lac Yamzho Yumco, actuelle détentrice du titre. Ce projet marque une avancée significative dans l’intégration des ressources renouvelables.
Importance du projet
Le principal atout de Daofu réside dans sa capacité à pallier le problème du stockage d’énergie. Elle s’inscrit dans un écosystème énergétique plus vaste reliant plusieurs sources d’énergie renouvelable dans la région, avec une capacité actuelle de 21 000 MW prévue pour atteindre 78 000 MW d’ici 2035.
De plus, cette construction a lieu dans des conditions extrêmes, offrant un exemple à d’autres projets similaires. En 2024, la Chine a déjà cumulé 58 GW de capacité de pompage installée et vise à dépasser les 120 GW d’ici 2030, s’imposant en leader mondial.
Contexte énergétique en Chine
La production d’énergie renouvelable devient de plus en plus économique. Néanmoins, le grand défi reste le stockage. Comment éviter le gaspillage lorsque l’énergie est en surplus et, inversement, comment répondre aux pics de consommation lorsque les conditions climatiques ne le permettent pas ?
À cet égard, la Chine, en tant que plus grand consommateur d’énergie au monde, a tout intérêt à réussir cette transition. Bien que les batteries soient une option en pleine croissance, le stockage hydroélectrique par pompage demeure la technologie la plus efficace pour accumuler de grandes quantités d’énergie sur de longues durées.
Chiffres clés du projet Daofu
- Capacité : 2 100 MW, répartis sur six turbines réversibles de 350 MW chacune.
- Stockage quotidien : 12,6 GWh, qui pourrait alimenter deux millions de foyers dans le Sichuan.
- Production annuelle : 3 TWh, grâce à un mélange de cycles de chargement et déchargement.
- Dénivelé : 760,7 mètres entre le réservoir supérieur et le réservoir inférieur.
- Coût : Environ 15,1 milliards de yuan (environ 1,84 milliard d’euros).
Défis de la construction en altitude
La construction à 4 300 mètres d’altitude pose des défis uniques, tels que des conditions de faible oxygène et des températures glaciales. Ces facteurs compliquent non seulement le travail des équipes, mais aussi la logistique du projet, notamment pour le transport de matériaux lourds comme l’acier et le béton.
Selon Yu Chuntao, directeur du projet chez PowerChina, les aspects de design et de fabrication des équipements sont « hautement exploratoires et difficiles ». Les innovations développées ici pourraient accélérer le design des futures centrales de pompage en Chine.

