Les conséquences de la guerre en Iran sur les prix du kérosène
Depuis le début de la guerre en Iran, les prix du kérosène ont flambé de 122 % selon la société de conseil londonienne Energex. Cette hausse alarmante est due à divers problèmes de livraison, notamment dans les aéroports asiatiques et italiens.
Conséquences immédiates pour les compagnies aériennes
Lufthansa a fermé sa filiale Cityline et a cloué au sol ses anciens avions gourmands en carburant, citant des coûts de kérosène prohibitifs et des grèves du personnel. Dans le même temps, les médias rapportent une augmentation substantielle des prix des billets d’avion, menaçant de rendre les voyages d’été plus coûteux et difficiles.
Dépendance au pétrole du Moyen-Orient
La situation est d’autant plus critique pour l’Europe, qui dépendait auparavant à 50 % du kérosène importé du Moyen-Orient. Maintenant, moins de la moitié de cette quantité arrive, entraînant un manque qui risque d’affecter 25 % de la demande de kérosène en Europe. Pendant ce temps, l’Arabie saoudite tente de rediriger son pétrole vers le port de Yanbu, mais cette opération demeure risquée en raison des possibles attaques venant d’Iran.
Priorité aux besoins militaires
Face à la situation, les autorités européennes mettent en avant le besoin de prioriser les approvisionnements en carburant pour l’armée, compliquant encore davantage l’accès au kérosène pour les compagnies aériennes. Le système de pipelines central européen (CEPS) joue un rôle crucial dans la distribution de kérosène, notamment pour soutenir les bases militaires américaines en Europe.
Les alternatives possibles
Les pays européens tentent d’identifier des alternatives en dehors du Moyen-Orient, mais les options restent limitées. Des raffineries en Asie, utilisant du pétrole russe, souffrent des conséquences du boycott en raison de la guerre en Ukraine. Même si des entreprises pétrolières prospèrent en Afrique ou aux États-Unis, elles ne peuvent pas compenser entièrement les pertes d’approvisionnement du Moyen-Orient.
Raffineries et capacité de production
Le ministre de l’économie allemande, Katherina Reiche, souligne que l’Europe n’est pas uniquement dépendante des importations de kérosène fini, mais la capacité des raffineries a drastiquement diminué depuis la pandémie, rendant la situation encore plus précaire.
Les défis technologiques
Aucune solution alternative n’a encore été trouvée pour remplacer complètement le kérosène traditionnel. Bien que des tentatives aient été faites pour produire du kérosène à partir d’énergie verte, celles-ci restent limitées à de petites installations pilotes incapables de répondre aux besoins croissants.
Vers une hausse des tarifs aériens
À la suite des deux guerres, les voyages aériens sont devenus plus coûteux, car les compagnies augmentent les tarifs en réponse aux hausses de coûts, notamment ceux liée au carburant. Des demandes ont été formulées pour une réduction des impôts sur les bilans de carbone et des taxes aériennes pour alléger les fardeaux économiques.
Si la situation à la route de Hormuz ne s’améliore pas, les compagnies aériennes pourraient continuer à réduire leurs horaires et à augmenter le prix des billets. Une réunion de la Commission européenne prévue cette semaine pourrait apporter des solutions face à cette crise de l’énergie aéronautique.

