Collaboration avec les diplomates talibans pour les expulsions
Le ministre de l’Intérieur allemand, Dobrindt, a intensifié secrètement la collaboration avec les diplomates talibans. Cette initiative vise à faciliter les expulsions d’Afghans vers leur pays d’origine, malgré la situation instable et les violations des droits humains en Afghanistan.
Un processus secret et controversé
Selon des recherches menées par NDR, de nombreux citoyens afghans ont été présentés à des représentants talibans envoyés en Allemagne dans le but d’obtenir des documents nécessaires aux expulsions. Cela s’est produit dans des bureaux de l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) à Bonn et à l’aéroport BER de Berlin.
Le ministère de l’Intérieur a qualifié ces actions de « mesures de la police fédérale », indiquant que le BAMF ne faisait que fournir des locaux, tandis que le ministère des Affaires étrangères n’était pas impliqué. Ce manque de transparence suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains.
Prise de pouvoir des diplomates talibans
Des images documentées par un équipe du magazine Royale montrent des véhicules de justice amenant des Afghans à la BAMF, suivis par une limousine du consulat afghan. Les représentants talibans, initialement envoyés en tant que simples agents consulaires, auraient pris le contrôle effectif des missions afghanes en Allemagne.
Ce changement de leadership n’a jamais été officiellement communiqué par le ministère des Affaires étrangères, qui continue de penser que des diplomates envoyés avant la prise de pouvoir talibane sont toujours en charge.
Abord de la question des expulsions
Les préparations des expulsions se déroulent dans le plus grand secret. Le ministère de l’Intérieur a reconnu que ces procédés se faisaient en dehors du cadre ministériel formel, menant ainsi à une culture de l’opacité autour des expulsions. Une porte-parole du ministère a déclaré que les plans de retour seraient gardés confidentiels pour éviter la mise en péril des opérations de rapatriement.
La priorité semble être donnée aux délinquants, mais il a été signalé que des hommes seul, qui n’ont pas enfreint la loi, sont également ciblés pour les expulsions.
Fréquence des expulsions et critique
Dobrindt a récemment annoncé que des expulsions vers l’Afghanistan ont lieu « presque chaque semaine », avec un total de 138 personnes expulsées depuis juillet 2025. Des expulsions récentes ont concerné des individus qui avaient commis des infractions en Allemagne, ce qui soulève des préoccupations sur la question de la sécurité et des droits humains en Afghanistan.
Des avocats, comme Julius Bockholt, expriment leur crainte que les Afghans soient exposés à des abus en raison de la légitimité accordée aux représentants talibans dans ce processus. De plus, la députée Clara Bünger a qualifié cette coopération de « scandaleuse », reprochant au gouvernement allemand de traiter avec un groupe qui enfreint systématiquement les droits humains.
Conclusion
La collaboration secrète avec les diplomates talibans pour les expulsions soulève des questions éthiques et légales majeures. Alors que l’Allemagne cherche à renvoyer des Afghans, y compris ceux ayant commis des crimes, la légitimisation des talibans par des accords diplomatiques remet en question l’engagement du pays en faveur des droits de l’homme et du droit international. Cette situation mérite une attention accrue et un débat public ouvert sur les implications de telles actions.

