L’accord historique entre Steven Spielberg et Universal Studios
En 1987, alors que Warner Bros tentait d’attirer Steven Spielberg pour réaliser des films pour eux, ce dernier a signé un accord avec Universal Studios qui allait changer la donne. Ce contrat, qui n’avait rien à voir avec le cinéma, a fini par rapporter plus d’argent à Spielberg que la majorité de ses films. Mieux encore, il n’a pas de date d’expiration, ce qui en fait l’un des accords les plus lucratifs de l’histoire du divertissement.
Les origines de cet accord
A l’époque, Universal Studios souffrait d’un manque de ressources financières pour rivaliser avec Warner Bros. Pourtant, ils avaient Sid Sheinberg, le président de MCA (la société mère d’Universal), qui croyait en Spielberg depuis ses débuts. Quand Warner a cherché à débaucher Spielberg avec une offensive économique, Sheinberg a proposé une solution innovante : faire de Spielberg un consultant créatif pour les parcs à thème qu’Universal prévoyait de construire, avec une part des revenus à vie.
Le secret révélé
Pendant deux décennies, les détails de l’accord sont restés cachés, connus d’un petit cercle d’avocats. Cependant, en 2009, en pleine crise économique, un document financier d’Universal a révélé que Spielberg touchait 5,25 % de tous les revenus brut des parcs construits après la signature du contrat, tels que ceux d’Orlando et du Japon, représentant jusqu’à 70 millions de dollars par an. Ce pourcentage s’est même étendu à d’autres parcs comme ceux de Singapour et Pékin.
Un contrat sans fin
Le terme clé de cet accord est “à perpétuité”. Spielberg n’est pas rémunéré uniquement en royalties pour des films ou attractions spécifiques; il touche une part de chaque ticket vendu dans les parcs concernés. Cela lui garantit un revenu régulier, indépendamment de la popularité de ses films.
Crise financière et renégociation
Vers la fin des années 2000, la crise financière a mis Universal dans une situation compliquée. Spielberg avait la possibilité de mettre fin à l’accord et de demander un paiement final de 200 millions de dollars. Néanmoins, en raison du lancement imminent de “The Wizarding World of Harry Potter”, Spielberg a accepté de reporter ce paiement, tout en augmentant son pourcentage à 5,25 %.
Un modèle unique dans l’industrie
Ce contrat n’a pas d’équivalent direct dans l’industrie du cinéma. La situation de George Lucas avec Disney concernant “Star Wars” pourrait être comparée, mais il s’agit essentiellement d’une vente des droits sans bénéfice continu. Spielberg, en revanche, a créé un modèle d’affaires qui lui apporte des revenus constants tant que les parcs prospèrent.
Une expansion continue
La prochaine ouverture de l’Epic Universe à Orlando en mai 2025 promet d’ajouter une nouvelle source de revenus à son contrat. Selon les prévisions, si les taux de fréquentation se maintiennent comme précédemment, les revenus de Spielberg pourraient dépasser les 100 millions de dollars par an. Cela souligne l’intelligence stratégique de Spielberg, qui a su tirer parti de l’influence de son nom dans l’univers des parcs à thème.
En somme, l’accord entre Steven Spielberg et Universal Studios est non seulement un coup de maître financier, mais également un modèle à suivre pour l’industrie du divertissement.
Image | William Warby

