Les États-Unis et la désignation de bandes criminelles brésiliennes comme terroristes
À la fin mai 2026, les États-Unis ont désigné deux des plus puissantes organisations criminelles brésiliennes, le PCC (Premier Commandement de la Capitale) et le Comando Vermelho, comme des terroristes. Cette décision a suscité une forte réaction de la part de la présidence brésilienne dirigée par Luiz Inácio Lula da Silva, qui a affirmé : “Nous ne nous laisserons pas traiter comme des enfants ni comme une république bananière.”
La souveraineté brésilienne en jeu
Le gouvernement Lula a déclaré que la souveraineté nationale était “non négociable” et a fermement rejeté toute forme d’ingérence extérieure dans ses affaires intérieures. Un communiqué a également mis en garde contre des “mesures arbitraires de l’étranger”, que les États-Unis pourraient utiliser comme prétexte pour porter atteinte à la souveraineté et à l’économie du Brésil.
Kritik aus Brasilien
La déclaration a été faite non pas par le président, mais par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a justifié cette décision en affirmant que ces groupes étaient parmi les organisations criminelles les plus brutales du Brésil, avec une influence portée jusqu’aux États-Unis. Cependant, des voix critiques comme celle de l’ancien policier fédéral Roberto Uchôa arguent que c’est plutôt aux États-Unis que ces groupes obtiennent leurs armes et blanchissent leur argent.
Une classification contestable
Selon Uchôa, la classification des gangs brésiliens en tant qu’organisations terroristes n’a pas de sens, car ces groupes ne poursuivent pas d’objectifs idéologiques ou politiques, mais utilisent plutôt la corruption pour maximiser leurs profits dans le trafic de drogue et d’armes.
Contexte de la décision
La décision des États-Unis doit également être replacée dans le cadre de la doctrine DONROE, qui vise à maintenir une distance entre le Brésil et des pays comme la Chine. Feliciano Guimarães, du Centre brésilien pour les relations internationales (CEBRI), soutient que cette situation pousse le pays dans un des pires chapitres de ses relations bilatérales avec les États-Unis, comparable à la guerre froide.
Risques pour le système financier brésilien
Guimarães évoque le risque d’une attaque sur le système financier brésilien plutôt qu’une intervention militaire directe, craignant par exemple qu’une des plus grandes banques du Brésil soit classée comme une banque de blanchiment d’argent juste avant les élections. Une telle décision pourrait provoquer un effondrement du système financier brésilien, une situation que le gouvernement ne pourrait pas gérer.
Perturbations politiques à venir
Les prochaines élections devraient opposer Lula au fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, Flavio, qui est soutenu par des factions au sein de l’administration Trump. Ce climat de tensions politiques est exacerbé par la montée de la criminalité organisée, qui crée des défis significatifs pour la sécurité publique.
La population brésilienne face à la violence
La situation de la sécurité publique est préoccupante, le gouvernement de Lula étant critiqué pour son incapacité à maîtriser l’influence de la criminalité organisée. Malgré ces défis, il semble peu probable que de nouvelles classifications ou un virage politique permettent de trouver des solutions constructives. La pression des États-Unis sur le Brésil perdurera, centrée sur la lutte contre le crime organisé.
En conclusion, la désignation des Drogenbanden brésiliennes comme terroristes par les États-Unis ouvre une série de questions et de préoccupations quant à la souveraineté nationale et à l’avenir des relations entre les deux pays.

