OpenAI et AMD : une alliance stratégique en période de turbulence
OpenAI, l’entreprise réputée pour ses avancées dans le domaines de l’intelligence artificielle, a récemment annoncé avoir conclu un accord important avec AMD. Cet accord, qui porte sur 6 gigawatts de GPU d’AMD, est en réalité un acte de survie pour les deux sociétés, chacune dépendant de l’autre pour se maintenir dans un marché en mutation rapide.
Une transaction atypique : des warrants au lieu d’un paiement cash
Ce qui est particulièrement frappant dans cette transaction, c’est que OpenAI ne paiera pas en liquide. À la place, AMD a émis des warrants qui donnent à OpenAI le droit d’acheter jusqu’à 160 millions d’actions de la société, sous certaines conditions. Ce stratagème est une réponse audacieuse aux défis financiers auxquels les deux entreprises font face. L’accord a été qualifié de partenariat stratégique, mais il ressemble davantage à un échange de promesses qu’à une véritable alliance commerciale.
Les enjeux de cette collaboration
- AMD fait face à une pression croissante pour devenir une alternative crédible à NVIDIA. La réalité est que cette entreprise a besoin de croissance , même si cela signifie céder une partie de son capital.
- OpenAI cherche désespérément à se libérer de la dépendance qu’elle a vis-à-vis d’un unique fournisseur, qui détient un pouvoir de négociation trop important.
Dans ce contexte, il devient évident que toutes deux doivent manipuler l’image qu’elles projettent sur le marché. Elles doivent convaincre les investisseurs de leur viabilité, bien que leurs promesses soient loin d’être rationnelles dans un cadre économique traditionnel.
Une structure de warrants explicite
La structure des warrants est conçue pour se débloquer par étapes :
- La première étape consiste en un déploiement initial d’un gigawatt .
- Les étapes suivantes dépendent de la montée en puissance vers le sixième gigawatt .
Mais cela ne s’arrête pas là : le processus de vesting est également lié à des objectifs de prix de l’action pour AMD et des résultats techniques pour OpenAI. En d’autres termes, cette relation repose sur une croissance exponentielle des deux côtés. Les deux entreprises se retrouvent ainsi piégées par le besoin de réussir ensemble.
Un timing révélateur
Le moment choisi pour cet accord ne semble pas fortuit. Deux semaines avant, OpenAI avait signé un contrat de 100 milliards de dollars avec NVIDIA. AMD considère que cet accord peut générer « dizaines de milliards de dollars » de revenus futurs. Cela soulève des questions sur la viabilité éthique d’une entreprise qui annonce des engagements financiers massifs alors qu’elle souffre d’un flux de trésorerie négatif.
En surface, cela pourrait être perçu comme une simple diversification des fournisseurs. Cependant, en grattant un peu, on découvre qu’ils sont en train d’établir des engagements financiers qu’ils ne sont pas en mesure de respecter, mais que le marché valorise comme réelles.
La réalité des chiffres
Il est essentiel de noter que le premier gigawatt de puissance ne sera pas opérationnel avant la seconde moitié de 2026. Cela laisse un an de délai pour que les conditions de cet accord se mettent en place. Les jalons sont définis comme « flexibles », selon l’évolution des objectifs techniques et commerciaux. Cela souligne l'{incertitude inhérente} au secteur de la technologie.
Pour compliquer encore la situation, aucune des communications officielles n’explicite comment OpenAI prévoit de financer cet engagement sans emprunter davantage ou diluer son capital.
Une dynamique commerciale inédite
Nous assistons ainsi à une dynamique où :
- NVIDIA finance OpenAI pour qu’elle achète des chips NVIDIA.
- AMD fournit des warrants à OpenAI pour qu’elle se procure ses propres puces.
- OpenAI se transforme en actionnaire potentiel de ses fournisseurs.
- Les fournisseurs voient leur valeur augmenter grâce aux achats d’OpenAI.
- OpenAI peut exercer ces warrants uniquement si les fournisseurs réussissent à répondre à une demande montante.
Parallèlement, la seule source de revenu réel pour OpenAI provient des abonnements à ChatGPT, qui ne couvrent même pas les coûts opérationnels, laissant planer le doute quant à la durabilité d’un investissement d’un trillion en infrastructure.
Une alliance sujette à caution
En conclusion, cette opération pourrait être perçue comme un échange de certitude pour de l’ optionnalité . Tandis qu’OpenAI convertit une liquidité insaisissable en une part de sa chaîne d’approvisionnement, ce processus pose la question d’un marché qui valorise les promesses plus que la réalité financière. La dépendance à une croissance exponentielle pourrait bien endormir les acteurs de cette industrie, qui pourraient un jour apparaître dans les livres d’école comme un cas d’école sur l’abandon des principes économiques.

