Siri AI et la réglementation européenne : un affrontement avec Apple
Apple a récemment annoncé que son assistant virtuel, Siri AI, ne sera pas disponible pour les utilisateurs européens lors du lancement d’iOS 27 et d’iPadOS 27. La firme de Cupertino attribue ce retard à des réglementations imposées par l’Union Européenne. Cependant, la réalité est que cette décision soulève des tensions entre Apple et les institutions européennes concernant le contrôle des assistants d’intelligence artificielle et l’ouverture à la concurrence.
Bruxelles répond à Apple
La Commission Européenne a clairement indiqué qu’elle ne partageait pas l’interprétation d’Apple. Un porte-parole, Thomas Regnier, a affirmé que “la décision de ne pas lancer Siri AI dans l’UE relève d’Apple et seulement d’Apple”. Il a ajouté qu’aucune disposition dans la Loi de Marchés Digitaux (DMA) n’empêche Apple de lancer des produits dans l’Union. Cette déclaration fait écho à la demande d’Apple visant à être exemptée de certaines obligations d’interopérabilité pendant au moins 18 mois, ce que Bruxelles a catégoriquement rejeté, déclarant : “Cela n’est pas négociable”.
Comprendre la Loi de Marchés Digitaux (DMA)
La DMA est une régulation de la concurrence en Europe qui vise à empêcher les grandes plateformes de cloisonner l’accès aux services, applications et utilisateurs. Dans le cas de Siri AI, le cœur du débat tourne autour de l’interopérabilité : si Apple déploie son propre assistant, il doit également permettre à des développeurs externes d’intégrer leurs alternatives au sein de son écosystème.
Apple en tant que gardien d’accès
Ce cadre réglementaire illustre pourquoi Bruxelles ne considère pas cette situation comme un simple problème de calendrier. Thomas Regnier a souligné qu’Apple est un “garde d’accès” et ne peut pas fermer le marché à des concurrents. Selon la documentation d’Apple, la Commission Européenne a classé iOS, l’App Store, et Safari sous la DMA en septembre 2023, et iPadOS en avril 2024. L’enjeu dépasse donc la seule disponibilité de Siri AI ; il s’agit surtout de l’ouverture de l’écosystème à des services concurrents.
Conséquences pour les utilisateurs en Europe
Pour les utilisateurs d’iPhone ou d’iPad en Europe, la conséquence immédiate est que Siri AI ne sera pas disponible lors du déploiement d’iOS 27 et d’iPadOS 27. Apple prévoit également d’exclure watchOS 27, car l’Apple Watch nécessite un iPhone avec Siri AI pour fonctionner. En revanche, l’assistant sera accessible sur les plateformes Mac et Vision Pro. Les fonctionnalités manquantes pour les utilisateurs mobiles incluront les applications de révision des conversations et Visual Intelligence, entre autres.
La proposition refusée par Bruxelles
Dans un communiqué, Apple a annoncé qu’elle avait conçu un système appelé *Trusted System Agent*, destiné à permettre aux assistants virtuels tiers d’accéder en toute sécurité aux mêmes fonctionnalités que Siri AI. Cette proposition incluait une mise en œuvre progressive sur 18 mois pendant laquelle Siri AI pourrait être introduit sur le marché européen.
Le cœur du conflit
Apple présente cette situation comme une conséquence de la DMA et des risques éprouvés en matière de confidentialité et de sécurité que, selon elle, les régulateurs européens n’ont pas pris en compte. Pour sa part, Bruxelles insiste sur le fait que la loi ne fait pas obstacle au lancement de nouveaux produits dans l’UE et affirme qu’Apple n’a pas encore trouvé de solution conforme à ses obligations.
Alors que cet affrontement se poursuit, il soulève des questions sur la manière dont les grandes entreprises technologiques interagiront avec la règlementation européenne à l’avenir, et sur l’impact que cela aura sur l’innovation et la concurrence sur le marché des technologies.

