La rupture de Carlos Kikuchi avec Javier Milei
Dans une récente interview accordée à Infobae al Regreso, Carlos Kikuchi, ancien chef de campagne de Javier Milei et actuel sénateur de la province de Buenos Aires, a partagé des éclaircissements sur son éloignement de La Liberté d’Avancer et sa collaboration avec Miguel Ángel Pichetto. Kikuchi a d’abord défendu les mesures macroéconomiques du gouvernement Milei, tout en exprimant des préoccupations concernant l’absence de politiques adaptées à l’économie réelle.
Les raisons du distancement
Kikuchi a expliqué son départ du mouvement en des termes clairs : “Je l’ai aidé à arriver là et nous l’avons fait avec le péronisme. Je me suis éloigné simplement parce que Milei a décidé de s’allier avec le PRO et Mauricio Macri, une décision qui m’a laissé dans une situation délicate.” Il a exprimé son désarroi, notant qu’un virage à 180 degrés de la part de Milei l’avait laissé “totalement déconcerté”.
Un nouveau projet politique
Le sénateur a mis en avant son ambition de créer un nouveau pôle politique, intégrant des dirigeants du péronisme fédéral ainsi que des membres du PRO et du radicalisme, mais il a fermement délimité son refus d’inclure le kirchnerisme : “Le kirchnerisme non. Tout le reste, nous allons converger.” Lorsqu’on lui a parlé de figures comme Guillermo Moreno, Kikuchi a été catégorique : “Moreno non.”
Analyse des enjeux économiques actuels
Kikuchi a également abordé les défis économiques que rencontre l’Argentine. Il a souligné la nécessité d’un retour à un pays “normal” alors que le pays souffre des conséquences de politiques économiques socialistes ayant échoué. Il a noté : “Vous corrigez la macro, mais la macro ne résoudra pas magiquement l’économie réelle.” Il a mis en lumière la chute des revenus dans divers secteurs, incluant la construction et l’alimentaire, en affirmant que “sauf quelques secteurs comme le financier, le minier et l’énergétique, tous les autres subissent des chutes brutales.”
Critique de l’ouverture commerciale
S’inscrivant dans une analyse économique plus large, Kikuchi a évoqué les leçons de son passé avec Domingo Cavallo, en soulignant l’importance de protéger le secteur productif lors de l’ouverture commerciale. “Vous ouvrez les importations, mais vous n’offrez pas aux PME les outils pour se défendre.” Cette réflexion montre une préoccupation pour la fragilité des petites et moyennes entreprises face à la concurrence internationale.
Perspectives politiques et stratégies futures
En réponse à une question sur la possibilité de confronter le kirchnerisme, Kikuchi a déclaré que cela dépendait de l’évolution du péronisme : “Le péronisme va finir par se diviser.” À propos d’Axel Kicillof, il a noté que le gouverneur semblait s’éloigner de leurs convictions. Concernant Sergio Massa, il a montré une volonté pragmatique, en suggérant l’idée d’un dialogue ouvert.
Communication au sein de La Liberté d’Avancer
Kikuchi a reconnu l’existence d’une communication, mais pas sur un plan politique, avec La Liberté d’Avancer. “Nous avons discuté au Sénat, mais ils ont choisi un chemin que nous ne considérions pas comme le bon.” Cette remarque illustre une fracture croissante entre les anciens alliés.
La rupture de Carlos Kikuchi avec Javier Milei met en lumière les tensions internes au sein des mouvements politiques argentins et souligne la complexité des alliances en période de crise économique. Avec un projet ambitieux en cours, il reste à voir si Kikuchi et ses nouveaux alliés peuvent réellement construire une alternative viable sur la scène politique nationale.

