Avant de nouvelles missions militaires, le gouvernement informera la Chambre des représentants des risques pour la population civile pendant le déploiement et de la manière dont les forces armées tenteront de minimiser ces risques. Les informations sont incluses dans la soi-disant lettre de l’article 100 sur ces missions, que le cabinet envoie toujours avant que le personnel militaire ne soit envoyé en route. Le cabinet informera également la Chambre des représentants aussi activement que possible pendant les missions des incidents impliquant des morts ou des blessés civils.

La ministre Kajsa Ollongren (D66, Défense) l’a annoncé jeudi soir une lettre à la Chambre des représentants faites-leur savoir. “Il est très important”, écrit-elle, “que nous continuions à nous demander ce que nous pouvons faire d’autre pour minimiser les risques de pertes civiles lors du déploiement de nos forces armées”. Elle rapporte: “Dans les lettres de l’article 100 sur les nouvelles missions, un paragraphe sera inclus en standard sur le risque de pertes civiles et les (im)possibilités de minimiser ces risques.”

Des promesses de plus de transparence

L’intention est le résultat des promesses de plus de transparence que le prédécesseur d’Ollongren, Ank Bijleveld (CDA) a faites à la Chambre des représentants. Sa promesse a suivi le dévoilement de CNRC et NOS en octobre 2019 que des F-16 néerlandais avaient mené une attaque sanglante contre la ville de Hawija, dans le nord de l’Irak, en juin 2015. En outre, selon les estimations américaines 70 et selon des recherches récentes d’ONG, au moins 85 personnes ont été tuées sur place lorsqu’un dépôt de bombes de l’EI a explosé et que des pâtés de maisons ont été emportés. La ministre de l’époque, Jeanine Hennis (VVD), a gardé le silence sur l’incident et a même signalé à la Chambre peu de temps après l’incident de Hawija qu’aucun civil n’avait été tué par le déploiement d’armes néerlandaises.

Jusqu’à présent, il y avait peu de choses sur la probabilité de pertes civiles dans les lettres de l’article 100 (faisant référence à art.100 de la Constitution qui oblige le cabinet à informer la Chambre des déploiements militaires à l’étranger). En septembre 2014, tlorsque le Cabinet a informé la Chambre à propos de la participation à la lutte armée contre l’EI, il s’est contenté de déclarer : “L’effort néerlandais vise donc également à protéger la population civile.”

Désormais, les lettres de l’article 100 se concentreront également davantage sur la position d’information des Pays-Bas au sein de la coalition, et plus particulièrement celle du soi-disant titulaire de la carte rouge (RCH), poursuit Ollongren. Cela concerne le soldat qui doit donner le feu vert au nom des Pays-Bas pour le déploiement des F-16. Une reconstruction par le NRC en 2020 de l’attaque contre Hawija a montré que le RCH savait peu de choses sur les risques pour les résidents locaux lorsqu’il a donné l’autorisation d’attaquer le dépôt de bombes.

Depuis le début de l’année dernière, un comité dirigé par l’ancienne ministre Winnie Sorgdrager enquête sur les faits de l’attaque contre Hawija. Apparemment, ses recherches portent également sur la position d’information des Pays-Bas au sein de la coalition internationale. Son rapport est attendu l’été prochain.



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