La plus forte amende de l’histoire de l’UE : 200 millions d’euros pour Temu

La Commission Européenne a imposé à Temu, la plateforme chinoise de commerce électronique, la plus lourde amende jamais infligée sous la Loi sur les Services Numériques (DSA), s’élevant à 200 millions d’euros. Cette sanction est la conséquence directe de la vente de produits dangereux, allant des chargeurs aux jouets pour bébés, à destination des consommateurs européens.

Quelles accusations pèsent sur Temu ?

Bruxelles reproche à Temu de ne pas avoir “identifié, analysé ni évalué avec la diligence requise les risques systémiques” associés à l’offre de produits illégaux sur son site. Ces manquements représentent un “dommage potentiel” pour les utilisateurs de l’UE, ce qui constitue une violation de la Loi de Services Numériques. Cette amende dépasse les 120 millions d’euros infligés à la plateforme X en décembre dernier.

Une question de filtrage des produits

La Commission souligne que ce n’est pas un simple cas de produits défectueux, mais un échec du système de sécurité de Temu. Des tests ont montré que les consommateurs européens sont très probablement exposés à des articles illégaux sur la plateforme. Le problème réside dans l’incapacité de l’entreprise à filtrer correctement ce qui est proposé à la vente.

Résultats de l’enquête : des produits alarmants

L’enquête a été menée grâce à plusieurs sources, dont un “achat mystérieux” réalisé par un sous-traitant, qui a effectué des tests en laboratoire. Les résultats ont été préoccupants dans trois catégories :

  • Chargeurs électriques : un nombre élevé n’a pas réussi les tests de sécurité de base, avec des risques de courts-circuits et de brûlures.
  • Jouets pour bébés : de nombreux articles comportaient des dangers considérables, que ce soit par des substances chimiques au-delà des limites légales ou par un risque d’étouffement dû à des pièces détachables.
  • Bijoux : des irrégularités ont également été constatées.

Un problème structurel

Bruxelles critique aussi le design de la plateforme. L’évaluation des risques menée par Temu pour 2024 était basée sur des informations sectorielles génériques, sans tenir compte des données spécifiques à sa propre plateforme, ignorant des études qui alertaient déjà sur ces problèmes.

La vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, a déclaré que l’évaluation des risques était incomplète et non fondée sur des preuves solides, ce qui souligne l’importance vitale de ces analyses dans le cadre de la DSA.

Nouveaux aranceles pour Temu

Impact de l’amende sur Temu

Bien que cette amende soit considérable, elle représente seulement 0,38 % des revenus estimés de Temu pour 2025, fixés à environ 53 milliards d’euros. La Commission justifie cette amende modérée comme étant proportionnelle à d’autres enquêtes en cours.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Temu a trois mois pour régler cette amende et doit également soumettre un “plan d’action correctif” d’ici le 28 août. Ce plan sera examiné par le Comité Européen des Services Numériques, qui décidera des mesures à prendre. Si l’entreprise ne rectifie pas le tir, des amendes supplémentaires pourront être imposées.

Bien que Temu puisse contester cette décision devant les tribunaux européens, Bruxelles a précisé que l’amende est définitive et ne sera pas réduite, même si la société corrige ses pratiques.



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