## L’évolution de Starliner : Un chemin semé d’embûches pour Boeing

### Un projet ambitieux à ses débuts

Starliner, le vaisseau spatial développé par Boeing, a été considéré pendant des années comme une opportunité en or pour l’entreprise de s’imposer dans le domaine des vols habités américains. En 2014, la NASA a signé un contrat visant à développer deux véhicules différents capables de transporter des astronautes vers la Station Spatiale Internationale (SSI). À l’origine, Boeing s’est engagé à réaliser six missions habitées, promettant une planification à long terme et une autonomie dans l’orbite terrestre basse.

### Changements de contrat : vers une réduction des missions

Cependant, un ajustement majeur a eu lieu. La NASA et Boeing ont convenu de modifier les conditions du contrat, réduisant ainsi le nombre de missions garanties. Désormais, le programme prévoit une première mission sans équipage, nommée Starliner-1, suivie de trois rotations potentielles avec des astronautes. Ce nouvel accord a également diminué la valeur totale du contrat, la faisant passer de 4,5 milliards de dollars à 3,732 milliards de dollars.

### Les défis rencontrés : un historique critique

L’histoire de Starliner est marquée par des revers notables. Depuis son vol inaugural OFT-1 en décembre 2019, des problèmes techniques ont empêché le vaisseau d’atteindre la SSI comme prévu. Après un vol OFT-2 en 2022 avec des incidents de propulsion, la situation a atteint son paroxysme lors d’un vol habité où la NASA a ordonné un retour anticipé. Ces échecs successifs mettent en lumière les défis que Boeing doit surmonter pour prouver la fiabilité de sa capsule.

### L’importance de Starliner pour la NASA

Malgré ces complications, pour la NASA, Starliner demeure un acteur essentiel. L’agence souhaite garantir deux systèmes indépendants capables de transporter des astronautes à la SSI, afin de ne pas se trouver à la merci d’un seul véhicule. Le responsable du programme Commercial Crew, Steve Stich, a souligné l’importance de certifier la capsule d’ici 2026, avec des rotations planifiées basées sur les besoins opérationnels de la station jusqu’en 2030.

### Dragon de SpaceX : un concurrent prépondérant

Dans le même temps, SpaceX, avec son vaisseau Dragon, a pris de l’avance. Depuis 2020, Dragon réalise des missions habitées couronnées de succès, intégrant progressivement les opérations normales de la NASA. Cette capsule est maintenant utilisée régulièrement pour des rotations vers la SSI, illustrant ainsi la pression accrue sur Boeing pour rattraper son retard.

### Pressions financières et perspectives d’avenir

La révision du contrat entraîne des conséquences financières non négligeables pour Boeing, qui a déjà investi plus de 2 milliards de dollars dans le programme. Moins de missions garanties se traduisent par moins de revenus, exerçant une pression supplémentaire sur l’entreprise. Cependant, Boeing reste déterminé, affichant sa volonté d’intégrer Starliner dans des projets commerciaux au-delà de la SSI.

### À l’horizon : un futur incertain

L’avenir de Starliner dépendra des résultats des prochains vols. Si le système parvient à se certifier en 2026, il pourrait encore participer à des rotations habitées, bien que de manière limitée. Bien que des opportunités demeurent, le chemin de Starliner est désormais semé d’embûches, se distanciant de la vision initiale élaborée en 2014.



F1-ES