Le féminisme de “quitte et mets” : Belarra interpelle le PSOE

Le contexte de la critique

Lors d’un événement politique à Puebla de la Calzada, Ione Belarra, la secrétaire générale de Podemos, a exprimé ses préoccupations concernant la réponse du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) face aux allégations d’agression sexuelle au sein de son organisation. Cette intervention met en lumière les tensions entre les déclarations de soutien aux droits des femmes et les actions concrètes prises par le PSOE, notamment en ce qui concerne la confiance du public envers les initiatives féministes.

Un féminisme utilitaire ?

Belarra a souligné que le PSOE semble utiliser le féminisme comme un outil stratégique, le mettant de côté lorsque des problèmes internes surgissent. Elle a cité le cas de Francisco Salazar pour illustrer ce point, insinuant que le PSOE protège ses membres face à des accusations de harcèlement, compromettant ainsi la crédibilité des politiques d’égalité qu’il promeut. Selon ses mots, le féminisme est « rangé dans un tiroir » lorsque le parti est confronté à des difficultés.

L’impact sur la construction des politiques

Durant son discours, Belarra a insisté sur le fait que la protection accordée aux membres du PSOE face à des accusations compromet les fondements de politiques féministes solides. Ce comportement enverrait à la société le message que la lutte pour l’égalité de genre est secondaire par rapport aux intérêts internes du parti. Une telle dynamique risque d’affaiblir les efforts pour instaurer un véritable changement social.

Réactions et insuffisances face à la loi

Belarra a également critiqué la réponse du PSOE concernant la loi « Solo Sí Es Sí », notant que le soutien à la ministre à l’origine de cette loi était insuffisant, en partie dû à la pression que cela pourrait exercer sur des alliés proches du gouvernement. Cela reflète les défis du PSOE pour maintenir une position équilibrée sur des questions de droits humains lorsque celles-ci entrent en conflit avec des intérêts internes.

L’engagement de Podemos

Au contraire, Podemos revendique un engagement inébranlable contre toutes les formes de violence sexuelle. Belarra a rappelé que les inégalités et violences de genre sont des problématiques qui touchent toute la société, et qu’il est crucial que les partis politiques agissent sans céder aux calculs électoraux ou aux dynamiques internes.

Une vision politique au-delà du contexte électoral

L’intervention de Belarra s’inscrit dans le cadre de la campagne d’Unidas por Extremadura pour les élections régionales du 21 décembre. Ainsi, Podemos place la lutte pour l’égalité et contre la violence sexuelle au cœur de son programme, prônant que la défense des droits des femmes ne doive pas être influencée par des intérêts politiques ou des considérations électorales.

Vers un féminisme cohérent et engagé

En conclusion, Belarra a exprimé l’importance de ne pas conditionner la protection des victimes à des considérations partisans. Elle a appelé à des politiques féministes robustes, qui ne soient pas sujettes aux fluctuations politiques. Le message est clair : le combat pour l’égalité ne doit jamais être sacrifié sur l’autel de l’opportunisme politique, mais doit plutôt s’établir comme un principe transversal des actions publiques et institutionnelles.

Ce positionnement critique illustre une volonté de renouveler le discours féministe en Espagne, en l’arrimant à un engagement sincère, loin des calculs circonstanciels.



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