Les craintes pour la récession et pour l’augmentation des débarquements, plus que triplées par rapport à l’année dernière ; économie et migration: voici les coordonnées pour lire le discours prononcé hier au Parlement par Giorgia Meloni en vue du Conseil européen qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles qui portera également sur les développements de la guerre en Ukraine, la défense européenne et les mesures de soutien du système industriel. D’abord à la Chambre puis au Sénat, le premier ministre a abordé tous les points à l’ordre du jour du sommet. En effet, elle est même allée plus loin, comme lorsqu’elle a attaqué la BCE pour la hausse des taux annoncée par Christine Lagarde ou qu’elle est revenue réclamer le report de la non-ratification du Mes.
Meloni: Mes doit être inclus dans la négociation sur la nouvelle gouvernance
“Il devrait être inclus dans la négociation globale sur la nouvelle gouvernance européenne”, a déclaré le Premier ministre qui a parlé d’une “approche au paquet”. Ça veut dire que l’Italie a l’intention d’y jouer puces de la ratification des Save States dans le match en cours sur le nouveau pacte de stabilité et sur l’union bancaire.
Vers la suspension de la ratification au Parlement
Demain dans l’hémicycle, a confirmé hier le chef de groupe, la discussion générale sur le projet de loi commencera ratification du Mes après quoi les partis majoritaires demanderont la suspension, citant précisément ce que le premier ministre a affirmé : “Je veux défendre au mieux l’intérêt national italien et, je le dis à tout le Parlement, discuter de cette mesure maintenant n’est pas dans l’intérêt de l’Italie “. On ne sait pas encore quelle sera la durée de cette suspension, mais il est probable – expliquent des sources majoritaires – que le Mes ne reviendra pas au Parlement avant la fin de l’année. La décision sera officialisée la semaine prochaine.
Gentiloni : respecter les délais du Pnrr
Pendant ce temps, depuis Bruxelles, le commissaire à l’Economie Paolo Gentiloni lance un avertissement : “Discuter de l’évolution future du Mes n’exclut pas l’importance de ratifier ce qui est déjà là”. L’ancien premier ministre est aussi revenu sur la nécessité de respecter les délais du Pnrr, déclenchant la réaction de Meloni : “Il dit qu’il faut courir plus mais s’il avait été plus vigilant dans le passé peut-être que ça aurait été fait plus vite”.
Meloni, attaque contre la BCE : non à la simple hausse des taux d’intérêt
Puis le coup contre la BCE. C’est bien de lutter contre l’inflation, mais le choix “simpliste” d’augmenter les taux risque que “le remède se révèle plus nocif que le mal”. La référence à la récession est claire qui – comme l’a rappelé le ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti – “est déjà arrivée en Allemagne”. A ceux qui l’accusent de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale, la première ministre répond dans sa réplique : “Je défends l’indépendance mais aussi mon droit d’évaluer ses décisions”.

