Avancées de l’Espagne dans la Réglementation des Véhicules Automatisés

L’Espagne a récemment franchi une étape significative en matière de législation sur la circulation des véhicules automatisés. La DGT (Direction Générale de la Trafic) a lancé le Programme Marco de Evaluación de la Seguridad y Tecnología de Vehículos Automatizados (Programme ES-AV). Ce cadre législatif régira l’autorisation et la supervision de toutes les opérations liées aux véhicules automatisés circulant sur les routes ouvertes.

La Nouvelle "Étiquette Rouge"

Dans les semaines à venir, il est probable que vous entendiez parler de la nouvelle "étiquette rouge". Cette étiquette, qui n’est pas liée au système de classifications environnementales de la DGT, sera visible sur le pare-brise des véhicules automatisés qui souhaitent effectuer des essais sur route. Elle servira à identifier les véhicules, qu’il s’agisse de prototypes, en phase de pré-homologation ou conduits à distance, se déplaçant de manière autonome. Cela agira comme une preuve légale de leur conformité aux exigences de circulation sans supervision physique.

Un Cadre Légal Structuré

Le Programme ES-AV est un code national qui règlemente comment, et sous quelles conditions les essais de véhicules autonomes peuvent être réalisés en Espagne. Il inclut des véhicules ayant des niveaux d’autonomie allant de SAE 2 à SAE 5, ainsi que ceux conduits de façon distante.

Trois systèmes d’accès et d’autorisation seront mis en place sous l’égide de la Subdirección General de Gestión de la Movilidad de la DGT :

  • Système de reconnaissance EEE : validation des essais déjà autorisés dans d’autres pays de l’Espace Économique Européen.
  • Système Spécial : évaluation indépendante réalisée en Espagne.
  • Système d’évaluation externe : essais exceptionnels pour des véhicules ayant obtenu une autorisation dans des pays non membres de l’UE.

Les Phases de Test

La DGT a défini trois phases de test à suivre en fonction de la maturité technologique des véhicules et des opérations envisagées. Chaque phase comporte ses propres exigences minimales, et les responsables des véhicules autonomes doivent préciser la phase à laquelle ils souhaitent participer :

  • Phase 1, contrôlée : Environnement opérationnel limité à trois véhicules. Les véhicules de niveau 2 SAE d’automatisation ne sont pas admis. Un opérateur de sécurité doit toujours être à bord, et l’espace de circulation est restreint.
  • Phase 2, extensive : Opération simultanée de jusqu’à 10 véhicules, avec un opérateur à bord obligatoire, mais sans restrictions dans l’espace circulatoire.
  • Phase 3, pré-déploiement : Plus de 10 véhicules en opération. La présence d’un opérateur à bord est optionnelle, mais un opérateur à distance est exigé. Des plaques d’immatriculation définitives provenant de l’UE peuvent exceptionnellement être utilisées. Les véhicules SAE 2 sont admis.

Transparence et Suivi des Tests

Avec la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation, la DGT s’engage à assurer une transparence dans les données relatives aux essais en cours. Les informations sur les tests effectués seront publiées sur leur site internet. De plus, les responsables des essais seront tenus de soumettre des rapports périodiques sur les opérations réalisées, bien que les détails spécifiques exigés dans ces rapports n’aient pas encore été publiés.

Sur le site de la DGT, vous pourrez trouver des informations sur les tests déjà effectués en Espagne, incluant des projets en cours menés par Alsa et le CTAG (Centre Technologique de l’Automobile de Galice).

Une Législation Pionnière

L’Espagne se positionne parmi les premiers pays de l’UE, aux côtés de l’Allemagne et de la France, à avoir élaboré un cadre juridique clair pour la circulation des véhicules autonomes en phase de test. Toutefois, il est crucial de souligner que cette réglementation n’autorise que des opérations en phase pré-commerciale et ne permet pas encore l’utilisation de véhicules totalement autonomes.

La circulation autonome des niveaux 3 et 4 n’est pas encore réglementée en Espagne, et à l’échelle européenne, les essais autorisés sont encore à leurs débuts. Dans d’autres régions comme les États-Unis, la situation est également contrastée. Par exemple, Waymo a récemment annoncé son intention de tester des robotaxis à New York sous supervision humaine, car la législation de l’État ne permet pas encore une opération totalement autonome.

Des pays comme la Chine ont pris de l’avance dans cette course, avec des services comme Apollo Go de Baidu ayant complété plus de 11 millions de trajets, surpassant les 10 millions rapportés par Waymo.

L’initiative prise par l’Espagne, bien que considérée comme un pas en avant, n’est pas encore une victoire finale dans la régulation des véhicules automatisés, mais représente sans aucun doute l’un des progrès les plus significatifs dans ce domaine à ce jour.



F1-ES