Découverte d’une tortue laúd en Cantabrie : un symbole de vulnérabilité maritime

Un spécimen emblématique

Ce mardi, un cadavre de tortue laúd (Dermochelys coriacea), la plus grande espèce de tortue marine au monde, a été découvert à la dérive sur la côte de Cantabrie. Selon la Red de Varamientos y Rescate de Fauna Marina de Cantabria (REVARCA), des vétérinaires sont intervenus pour prélever des échantillons et réaliser des mesures biométriques afin d’en apprendre davantage sur cet individu.

Caractéristiques de la tortue laúd

La tortue laúd est une espèce solitaire qui peut vivre jusqu’à 100 ans. Elle atteint des dimensions impressionnantes, mesurant jusqu’à deux mètres de long et pesant plus de 600 kg. Contrairement aux autres tortues marines, son carapace est souple, ce qui lui vaut le surnom de « tortue à dos de cuir » (Leatherback turtle) dans les pays anglophones.

Les causes du décès

Pour l’instant, la cause précise du décès de cette tortue reste inconnue. Cependant, Diego de Vallejo, responsable de communication de REVARCA, a émis l’hypothèse qu’elle pourrait avoir ingéré des déchets plastiques, en les confondant avec des méduses, ou avoir été victime d’une collision avec un bateau.

Habitat et comportement

La tortue laúd se trouve généralement dans les océans ouverts, notamment dans l’Atlantique, le Pacifique et l’Indien, et évite les zones côtières. Bien qu’elle soit occasionnellement observée le long du littoral espagnol, la plupart du temps, les rencontres se font avec des animaux échoués ou accidentellement capturés dans des filets de pêche.

L’année dernière, des tortues laúd avaient été découvertes vivantes à Guardamar del Segura (Alicante) et dans le sud-ouest de Tenerife.

Veterinarias junto al cadáver de la tortuga laúd trouvé en Cantabrie

Zoo en danger : la tortue laúd

La tortue laúd est actuellement classée comme « espèce vulnérable » sur la Liste Rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Parmi les principales menaces qui pèsent sur elle, la capture incidente par les activités de pêche est un des soucis majeurs.

De surcroît, cette espèce subit des pressions dues à la pêche ciblée pour sa chair et ses œufs, ainsi qu’à l’urbanisation des zones côtières qui modifie son habitat.

Menaces additionnelles

D’autres menaces touchent ses sous-populations, comme la pollution marine, qui entraîne l’ingestion de plastiques, des enchevêtrements dans les filets, ou la désorientation causée par les lumières artificielles. Ces problématiques, souvent sous-estimées, perturbent l’équilibre des écosystèmes marins.

Certaines autres sous-populations sont également affectées par des agents pathogènes tels que le virus du fibropapillome, ainsi que par les effets du changement climatique. La montée des températures des sables sur les plages d’incubation affecte la proportion des sexes chez les futurs jeunes tortues, complétée par des événements extrêmes tels que l’élévation du niveau de la mer.

Conclusion

La découverte de cette tortue laúd en Cantabrie remet en lumière l’importance de protéger ces animaux majestueux et de sensibiliser le public aux menaces qu’ils affrontent. La préservation de leur habitat et une meilleure gestion des déchets marins sont cruciales pour garantir la survie de cette espèce unique.



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