Ángel Antonio Herrera : Le Poète et le Tertuliano

Une Vision Moderne de la Poésie

Ángel Antonio Herrera, écrivain, journaliste et poète, évoque une question délicate : “Le tertuliano paie les factures du poète.” Pour lui, cette réalité n’est pas seulement tangible, elle est symbolique. Herrera ne trouve rien de mal à ce que le poète ait accès à des commodités modernes telles qu’une carte Visa, un climatiseur ou même une piscine. En effet, il exprime sa volonté de soutenir ses amis poètes qui peinent financièrement, affirmant que parfois, “l’argent est poésie”. Cette déclaration résonne avec force dans un monde où l’art doit souvent se justifier économiquement.

Redéfinir le Pouvoir du Langage

Lors de son entretien, Herrera aborde la relation entre la poésie et le langage. Il insiste sur l’importance de ce dernier, affirmant que sa vocation est profondément liée à la langue et à sa magie. Pour lui, la poésie ne doit pas être simpliste ou prévisible ; elle doit être un acte de découverte. La lecture, selon Herrera, est un acte de réécriture : “Le passé est le futur qui admet des changements.”

Un Équilibre entre Culture et Société

Ceux qui suivent la trajectoire de Herrera savent qu’il a réussi à naviguer entre le monde de la culture, souvent perçu comme élitiste, et les préoccupations sociales. Son astuce ? Une curiosité insatiable pour tout, des figures emblématiques comme Lorca à des icônes contemporaines comme Rosalía et Miley Cyrus. Il considère que la culture est ce que nous ignorons, et que chacun mérite d’être entendu.

Les Années Glorieuses du Journalisme

En discutant de sa carrière de journaliste à “Interviú”, Herrera se remémore une époque de journalisme audacieux et aventureux. Il évoque avec nostalgie des figures mythiques du journalisme espagnol, soulignant une ambiance qui fait désormais partie du passé. “Le seul carte nécessaire pour entrer dans un lieu était celle d’Interviú”, explique-t-il, nostalgique de ces temps où le journalisme avait un souffle de défi.

Les Transformations de la Vie Nocturne

Interrogé sur la vie nocturne madrilène, Herrera raconte son expérience. Bien qu’il ait été “un professionnel de la nuit”, il a toujours choisi de ne pas sombrer dans les excès de la drogue. La clé, selon lui, était de rester lucide, de pouvoir écrire le lendemain. La magie de ces années semble se perdre dans une modernité dominée par les réseaux sociaux, où les gens s’assemblent non pas pour vivre, mais pour partager une image.

Une Amitié qui L’Impacte

Sa relation avec le musicien Joaquín Sabina est une autre facette de sa vie. Sabina, qui lui a dédié des chansons, représente un lien puissant avec l’art et la mélancolie. La perte de ces concerts de Sabina laisse un vide, mais aussi une riche legacy qui continue d’influencer Herrera.

Reflets et Perspectives

À 60 ans, Herrera ressent la pression du temps et de l’existence. Il partage ses angoisses et ses réflexions sur la mortalité, la santé et la solitude. Il trouve toujours refuge dans l’écriture, sa manière de faire face aux aléas de la vie.

Conclusion : L’Infracteur de Mots

Derrière les questions de la poésie et de la réalité économique se cache une vérité plus profonde : Herrera se considère comme un “infractor” des normes littéraires et sociales. Il appelle à une liberté d’expression, une caractéristique essentielle de l’artiste. Dans un monde qui semble se polariser, sa voix demeure une rareté.

En somme, l’interview d’Ángel Antonio Herrera invite à réfléchir sur le rôle du poète dans la société contemporaine et sur la place de l’art face aux réalités économiques. Sa vision, empreinte de liberté et d’humanité, est à la fois un appel à la compréhension et à la compassion envers tous les artistes.



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