L’accord stratégique entre AMD et Meta
Meta a récemment signé un des plus grands contrats de l’histoire concernant des puces pour l’intelligence artificielle (IA) avec AMD. Cet accord représente une avancée significative pour AMD, qui tente de se faire une place face à NVIDIA, leader du marché. En outre, cet engagement souligne la volonté d’AMD de s’incruster dans le cycle de financement circulaire créé par les grandes entreprises technologiques autour de l’IA.
Détails du contrat
Dans le cadre de cet accord, Meta s’engage à acheter suffisamment de puces à AMD pour alimenter ses centres de données avec une puissance de calcul de six gigawatts sur cinq ans. Comme l’estime le Wall Street Journal, la valeur totale de ce contrat pourrait dépasser 100 milliards de dollars. Chaque gigawatt représente potentiellement des dizaines de milliards de dollars en revenus pour AMD. Les premières livraisons, incluant un gigawatt des nouvelles puces MI450, débuteront dans la seconde moitié de 2026.
D’autres éléments à considérer
Ce contrat ne se limite pas à la simple acquisition de puces. AMD inclut des garanties d’achat qui permettent à Meta d’acquérir jusqu’à 160 millions d’actions d’AMD à un prix symbolique d’un centime par action. Cela pourrait éventuellement permettre à Meta de détenir 10 % de l’entreprise, sous certaines conditions de performance technique et commerciale.
Un marché en pleine évolution
AMD cherche à trouver sa place sur un marché où NVIDIA détient plus de 90 % de parts. À travers cet accord avec Meta, ainsi qu’un précédent avec OpenAI, AMD mise sur une stratégie ambitieuse pour rivaliser avec NVIDIA. Lisa Su, la PDG d’AMD, a affirmé : « Meta a de nombreuses options et je veux m’assurer que nous ayons toujours une place à la table. »
Une stratégie diversifiée de Meta
Il est également important de noter que Meta ne mise pas uniquement sur AMD. La société a récemment signé un accord avec NVIDIA pour obtenir des millions de ses puces. De plus, elle discute avec Google pour utiliser ses processeurs d’IA. Santosh Janardhan, responsable de l’infrastructure chez Meta, a déclaré qu’il y avait de la place pour les trois entreprises, soulignant l’importance de diversifier les fournisseurs pour répondre à la demande croissante.
Les enjeux financiers
Le modèle financier proposé par Meta, où elle paie AMD pour des puces et en retour reçoit des actions, rappelle d’autres accords de financement circulaire observés dans le secteur de l’IA. Cependant, des analystes soulignent un possible problème de demande. Selon Matt Britzman de Hargreaves Lansdown, la cession de 10 % du capital pourrait indiquer que AMD peine à générer une demande organique.
Perspectives d’avenir
La course à l’IA se joue non seulement dans les laboratoires mais aussi au niveau financier. Pour AMD, le défi consiste à prouver que ses puces peuvent répondre aux exigences de ses clients. Pour Meta, l’objectif est d’équiper ses centres de données de “dizaines de gigawatts cette décennie”, comme l’a exprimé Mark Zuckerberg. La dynamique d’investissement et de développement dans l’infrastructure et l’énergie continue de croître de manière exponentielle.

