Le projet d’Alberto García Roca est l’un des plus particuliers de la scène. Je ne sais pas si je dois dire “notre scène” car en vérité, il se présente lui-même comme un migrant d’une “ville du sud de l’Espagne”, qui a dû déménager à Londres par “manque d’opportunités”. Autodidacte et passionné de musique, il a décidé d’imaginer à quoi sonnerait son groupe préféré au monde et de le créer car “il n’existait pas”. Pour ce faire, il a commencé à faire de la musique, enregistrant avec un “micro d’ordinateur portable merdique dans Audacity”.

Depuis qu’il a commencé à déconner, il n’a pas pu s’arrêter, créant des chansons quotidiennement et mettant maintenant en lumière 12 des plus de 30 qu’il a enregistrées pour cette superbe lettre de motivation. Avant, d’autres projets fous précédaient, comme ceux productions de très peu de secondes conçu pour TikTok.

La musique que l’on retrouve dans ‘Kinda Happy Kinda Sad’ est aussi audacieuse que tout cela l’anticipe. Difficile déjà de dire si ‘uwu’ est un enregistrement d’électronica expérimentale transformé en country l’espace d’un dixième de seconde. Si ‘Lemme Go’ est plus influencé par de Montréal ou par Pizzicato Five. Si ça pouvait être la bande originale d’une série d’action des années 60, ou d’un autre dessin animé.

Ce qui est certain, c’est qu’avec plusieurs changements de rythme et de style même au sein d’un même morceau, Alien Tango est un baume à la tristesse et au découragement. Les paroles ont été créées pendant la pandémie et cela suggère des textes comme ‘Día Gris’, qui nous parle d'”un autre jour éveillé, mais inerte”. La musique suggère le contraire. “Kinda sad” pourrait être les sentiments à partir desquels l’album commence initialement. “Un peu heureux” la réponse musicale.

On le voit très bien dans les arrangements revitalisants taille Red Bull de ‘BFF’, un hymne à l’amitié avec le droit au toucher à travers lequel un harmonica, des percussions exceptionnelles, des effets spéciaux, mais surtout de grands arrangements de cordes apparaissent pendant quelques instants Des synthétiseurs de style Northern Soul, qui mettent également en valeur le ‘Pulpo Frito’ initialement acoustique. Cette chanson nous promet face à la pire année de notre vie, que “le meilleur n’est qu’à venir”.

Avec ‘Song for FIFA’ et ce ‘1000 Years’ qui reste pour la fin, ce sont les grands moments d’un album varié et plein de surprises, mais cohérent à la fois. “Kinda Happy, Kinda Sad” comprend une section de cuivres ainsi que d’autres appareils électroniques de style Daft Punk. ‘Memories Are Better than the Real Thing’ mêle folk et solos de guitare country et plutôt métal. “Fish & Chips” et “Sleep Paralysis” s’aventurent dans un territoire plus insaisissable. L’artiste termine son album en parlant des « 1000 façons possibles » de vivre, abordées musicalement de « 1000 manières différentes », mais toujours sans donner l’impression d’écouter un disque d’Alien Tango.



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