La Suprema Corte de Justicia de la Nación a établi récemment un changement fondamental dans le contrôle des ressources fédérales utilisées par les municipalités. Ce changement, issu de décisions et de thèses juridiques, modifie la manière dont les fonds fédéraux sont audités et gérés au niveau local.
La SCJN et le contrôle des fonds fédéraux
Le principal critère établi par la Cour précise que les congrès d’État et leurs organes de fiscalisation ne peuvent plus auditer l’utilisation des ressources fédérales transférées aux municipalités, à moins qu’il n’existe un accord formel de coordination avec l’Auditoría Superior de la Federación (ASF).
Cette nouvelle directive vise à protéger l’autonomie fiscale des municipalités et à éviter que les audits ne deviennent des outils de pression politique ou de répression partisane.
La centralisation des audits fédéraux
Avec cette décision, plus de 80% du budget local, principalement en provenance des ramos 28 et 33, échappe à la fiscalisation des États. Les organes locaux ne peuvent examiner que l’utilisation de leurs propres revenus, tels que les taxes foncières et les droits municipaux.
La fiscalisation des participations et des contributions fédérales, majoritaires dans les dépenses municipales, est réservée à l’ASF, consolidant ainsi un modèle centralisé en cours depuis plusieurs années.
Seule l’ASF a le pouvoir de fiscalisation
Selon l’article 79 de la Constitution, l’ASF détient l’exclusivité de la supervision des fonds fédéraux dans les États et les municipalités. Pour qu’un congrès d’État puisse auditer ces ressources, il doit y avoir un accord de coordination avec l’ASF définissant les règles de contrôle.
Sans cet accord, toute tentative d’audit étatique sur des fonds fédéraux est nulle de plein droit. La Cour a déjà appliqué ce principe lorsque des municipalités ont contesté des sanctions pour la gestion de ressources fédérales, se voyant ainsi garantir une protection constitutionnelle.
Autonomie des municipalités : indépendance des États
Le nouveau modèle privilégie la certitude juridique pour les municipalités, constituant une barrière contre l’ingérence des congrès d’État, qui ne peuvent plus utiliser les audits comme moyen de coercition.
Alors, les maires peuvent désormais être rassurés que leurs actions concernant les fonds fédéraux ne seront auditées que par l’ASF ou par des autorités étatiques ayant signé un accord formel.
Défis et risques de la centralisation
Cependant, cette centralisation présente des défis opérationnels. L’ASF doit superviser l’utilisation des fonds fédéraux dans plus de 2 400 municipalités, ce qui représente une charge de travail importante.
Le risque est que sans équité dans les conventions de collaboration, plusieurs petites municipalités pourraient être négligées dans les audits, n’ayant pas accès à un contrôle adéquat.
Un nouveau équilibre dans le fédéralisme fiscal
La SCJN établit ainsi une tendance nationale visant à préciser les compétences de chaque niveau de gouvernement en matière de responsabilité et de contrôle des finances publiques. Le fédéralisme fiscal au Mexique évolue vers un modèle où la surveillance des fonds fédéraux est la prérogative de l’organe fédéral, tandis que les ressources locales demeurent sous la supervision des États.
Cette dynamique nécessite une réévaluation de la coordination entre la fédération et les entités, tout en soulignant la nécessité d’accords de collaboration pour veiller à la surveillance des milliards de pesos qui transitent chaque année vers les municipalités. Ainsi, les congrès d’État perdent la possibilité d’utiliser les audits comme moyens de coercition, et la responsabilité de la révision des fonds fédéraux incombe désormais à l’ASF.

