La Position d’Acemi sur l’Inadéquation du Système de Santé
Des Accusations Graves à l’Encontre du Ministère de la Santé
Ana María Vesga, présidente de l’Association colombienne des entreprises de médecine intégrale (Acemi), a récemment intensifié le débat sur le financement du système de santé. La Cour constitutionnelle de Colombie a ouvert une procédure de désobéissance contre Guillermo Alfonso Jaramillo, ministre de la Santé, en raison de son prétendu non-respect des ordres judiciaires concernant l’ajustement de l’Unité de Paiement par Capitation (UPC).
Vesga a affirmé que les actions du ministère compromettent non seulement la viabilité financière des EPS (Entités promotrices de santé), mais pourraient également engendrer des responsabilités pénales. Elle a déclaré : « Nous assistons à une fraude à une résolution judiciaire. »
Les Conséquences Juridiques et Financières
Le tribunal a demandé à la Procuradurie et à la Fiscalía d’enquêter sur les accusations de non-respect du ministre Jaramillo. Selon Acemi, le gouvernement a fixé l’UPC pour 2025 à une augmentation insignifiante de 5,36%, bien inférieure à l’estimation technique qui devrait se rapprocher de 16%. Ce manque d’ajustement se traduit par un déficit estimé à plus de 9 billions de pesos.
Chaque point manquant d’ajustement pourrait coûter environ 870.000 millions de pesos aux EPS, et le déficit total pourrait être supérieur à 9 billions. Vesga a également insisté sur le fait que cette situation affecte non seulement les EPS, mais aussi les utilisateurs, qui subissent des retards de traitement et d’accès aux soins.
Propositions pour un Ajustement Équitable
Dans un contexte où le financement de la santé est déjà sous pression, Acemi a proposé un ajustement de 17,33% pour l’UPC de 2025. Cette proposition est le fruit d’analyses techniques prenant en compte la consommation historique du système, l’inflation et l’augmentation des demandes de services, notamment en raison du vieillissement de la population.
Vesga a souligné que le refus du gouvernement de considérer un ajustement technique n’est pas basé sur des faits, mais sur des considérations politiques. Elle a déclaré : « Les Colombiens consomment davantage de soins de santé, et cela doit se refléter dans l’UPC pour assurer un financement adéquat du système. »
Impacts sur les Utilisateurs
La présidente d’Acemi met en évidence que la situation actuelle crée un déséquilibre qui se traduit par des retards de paiements aux hôpitaux, une réduction des services et des risques accrus pour les patients. Selon les données de la Superintendencia Nacional de Salud, le système accuse un déficit mensuel de près de 900.000 millions de pesos, projetant une hauteur totale de déficit à la fin de l’année entre 9 et 10 billions de pesos.
Vesga mentionne également qu’il y a eu une augmentation historique des actions en justice et des plaintes. Actuellement, plus de 300.000 tutelles et près de 2 millions de demandes de plaintes témoignent d’un véritable détérioration de la garantie du droit à la santé.
Conclusion
La situation actuelle autour de l’UPC et la réaction d’Acemi soulèvent des questions fondamentales sur l’avenir du système de santé en Colombie. Il est impératif que les décideurs politiques prennent des mesures constructives pour garantir un financement adéquat et éviter d’impacter négativement les utilisateurs, tout en respectant les résolutions judiciaires. La santé de millions de Colombiens en dépend.

