Le phénomène du « tourisme fantôme » en Espagne

Dans le paysage touristique mondial, il existe une  richesse  de cultures, d’expériences et de  découvertes . Cependant, dans certaines régions, un phénomène inattendu émerge : le  « tourisme fantôme » . Ce terme décrit une situation où des chiffres de  touristes  enregistrés ne correspondent pas à la réalité sur le terrain. C’est ce qui se passe dans certaines localités de la province de  Léon  en Espagne, où les municipalités sont confrontées à une surenchère surprenante de visiteurs qui semblent, en réalité, n’avoir jamais été vus.

Une réalité troublante

Fuentes de Carbajal, une petite localité de la province de Léon, illustre parfaitement ce phénomène. Selon une étude menée par l’ INE  (Institut national de la statistique), il a été rapporté que, durant l’été 2024, la ville aurait accueilli  1.826 touristes . Cela pourrait sembler anodin, mais il est crucial de noter que cette petite commune ne compte que  76 habitants . Ce chiffre phénoménal implique donc que la population estivale a été multipliée par 24, un fait qui a laissé perplexes tant les élus que les résidents.

Des chiffres déroutants

Les autorités locales, face à cette  barrière  étonnante entre les données statistiques et la réalité, se demandent comment de tels chiffres peuvent être justifiés. Pour l’ alcalde  Carlos de León Saludes et l’ancienne mairesse Ana María Ortega, cette surestimation est difficile à associer à une  attirance  particulière du village. Fuentes de Carbajal ne possède pas de grandes attractions comme des parcs naturels ou des festivals très célèbres qui pourraient expliquer une telle augmentation des visiteurs.

Lors d’une analyse plus poussée, il est apparu que les 1.826 touristes rapportés sont basés sur des données expérimentales obtenues grâce à la localisation des téléphones mobiles. Ce système, bien que  novateur , présente des limites considérables, notamment en milieu rural où la densité des  antennes  de téléphonie mobile est bien inférieure à celle des zones urbaines. Cela peut donc engendrer des  erreurs  de localisation significatives, laissant supposer que les visiteurs sont comptabilisés dans des localités avoisinantes.

Les implications de ces données

Au cœur de ce mystère, la capacité de l’INE à traiter les données est mise en lumière. La collecte de données se fait de manière anonyme et les valeurs spécifiques ne sont pas accessibles pour une vérification complète. Cela pose la question de la véritable provenance des chiffres fournis, donnant lieu à des interprétations erronées de la réalité.

Un exemple similaire a été observé à San Millán de los Caballeros, un autre village qui aurait accueilli plus de  3.200  visiteurs alors que sa population est de 191 habitants. Des chiffres qui rendent sceptiques les élus locaux, comme l’alcalde qui affirme que la réalité ne peut pas justifier une telle affluence; des villages voisins enregistrent des données de zéro visiteurs.

Une question de méthodologie

La clé de ce  dysfonctionnement  statistique repose sur l’utilisation d’un système de calcul qui repose sur des signaux de téléphonie mobile, une méthode opérationnelle qui ne garantit pas la précision des résultats. Les  erreurs  potentielles proviennent de diverses sources, comme le positionnement erroné dû à un nombre limité d’antennes, entraînant ainsi une fusion des données de différents territoires.

Dans ce contexte, l’ancien maire de Fuentes de Carbajal partage son avis : les données pourraient également regrouper des visiteurs d’autres localités. Cela soulève la nécessité d’une réévaluation des méthodologies actuelles utilisées pour mesurer l’impact du tourisme dans ces petites communes et leur  situation  réelle.

Conclusion

Le phénomène du « tourisme fantôme » met en exergue les défis et les complexités de la statistique moderne appliquée au tourisme. À travers ces chiffres déconcertants issus de Fuentes de Carbajal et d’autres villages de la province de Léon, il est crucial de s’interroger sur la manière dont nous mesurons l’impact du  tourisme  sur les petites communautés, tout en respectant l’authenticité de leurs  identités culturelles . Il est impératif d’améliorer les méthodes de collecte et de traitement des données pour mieux refléter la réalité et soutenir un développement touristique responsable et durable.



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