Sauvé à l’époque : gravure sur bois en couleur d’Ernst Ludwig Kirchner Photo : bpk / Kupferstichkabinett, SMB/
Par Sébastien Bauer
L’ancien conservateur du Kupferstichkabinett a autrefois protégé des centaines d’œuvres contre la saisie par les nationaux-socialistes. Comme il n’en a jamais parlé à personne, ses actions sont restées cachées jusqu’à présent.
Lorsque Willy Kurth (1881-1963) a décidé de devenir un héros, il n’en a parlé à personne.
Dans le dos de son directeur, celui qui était alors conservateur du Kupferstichkabinett a sauvé des centaines d’œuvres d’art d’Emil Nolde, Pablo Picasso et bien d’autres des nationaux-socialistes au cours de l’été 1937. Ils voulaient retirer les œuvres d’art diffamées comme « dégénérées ».
Le livre « L’action ‘Art dégénéré’ 1937 au Berliner Kupferstichkabinett » (Lukas, 40 euros) d’Anita Beloubek-Hammer reconstitue pour la première fois les actions de Kurth. Le sauveur d’œuvres d’art a gardé pour lui cet acte héroïque toute sa vie, car il craignait un nouveau danger pour les œuvres en RDA.
Les images ont d’abord été retrouvées pièce par pièce, entre autres dans d’anciens dossiers de dépôts. L’exposition « La modernité sauvée » au Kupferstichkabinett sera consacrée à ce sujet en 2024.

