Les États membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord sur de nouvelles règles qui devraient s’appliquer lorsqu’un État membre est confronté à une crise migratoire. “Aujourd’hui, nous avons fait un grand pas en avant sur une question cruciale pour l’avenir de l’Union européenne”, a déclaré le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska Gómez.
En tant que président, Grande-Marlaska était sur le point de réaliser une avancée décisive lors d’une réunion des ministres européens de l’asile et de la migration à Bruxelles la semaine dernière. Mais les réserves italiennes ont fini par mettre des bâtons dans les roues. Six jours plus tard, les ambassadeurs des États membres sont désormais parvenus à un accord.
Le texte prévoit des procédures assouplies lorsqu’un État membre est confronté à une augmentation soudaine du nombre de migrants entrants, comme ce fut le cas lors de la crise des réfugiés de 2015. Cet État membre peut alors, entre autres, prolonger les délais d’enregistrement des demandeurs d’asile et de rétention aux frontières extérieures, et les autres États membres sont tenus de faire preuve de solidarité.
De Moor : « Une Europe unie est nécessaire »
“La guerre en Ukraine et le flux massif de réfugiés qui a suivi nous ont appris qu’il est préférable de disposer d’un bon mécanisme de crise pour faire face à ces flux migratoires massifs et soudains”, réagit la secrétaire d’État belge Nicole de Moor. « Ce n’est qu’avec une Europe unie, où les autorités respectent le droit de demander l’asile, que nous pourrons gérer de telles situations. »
Amnesty International craint une érosion du droit d’asile. « Cet accord risque de laisser des personnes bloquées, détenues ou démunies aux frontières de l’Europe et ne contribuera en rien à améliorer la protection des demandeurs d’asile dans l’UE. Refuser leurs droits aux demandeurs d’asile est dangereux et constitue une réponse disproportionnée à des situations que les pays peuvent parfaitement gérer avec les règles existantes”, a déclaré la directrice européenne Eve Geddie.
Prêt pour les négociations finales
Le règlement de crise était le seul texte du pacte d’asile et de migration sur lequel les États membres n’avaient pas encore trouvé de compromis entre eux. Cette avancée constitue également un coup de pouce pour les États membres à l’approche de la réunion informelle des dirigeants européens à Grenade, où la question migratoire sera l’une des priorités de l’ordre du jour de vendredi.
Les États membres sont désormais prêts pour les négociations finales avec le Parlement européen sur tous les volets du pacte. Cela comprend également le contrôle des migrants aux frontières extérieures, les procédures aux frontières et la coopération des États membres dans le traitement des demandes d’asile. La présidence espagnole de l’UE espère achever ces travaux avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, la Belgique devra travailler dur en tant que prochain président.
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