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Google a déclaré qu’il fermerait son service Google News au Canada et bloquerait les liens vers les actualités dans son moteur de recherche dans le pays, à la suite de l’adoption d’une loi qui l’obligerait à payer les éditeurs canadiens pour les liens vers les actualités.
Cette décision intervient après la déclaration de la semaine dernière par Meta selon laquelle il donnerait suite à sa promesse de bloquer les liens vers des nouvelles sur ses réseaux sociaux Facebook et Instagram au Canada, menaçant une confrontation avec le gouvernement canadien.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait accusé Google et Meta, qui sont les seules entreprises couvertes par la loi, d’intimider les politiciens locaux en les menaçant de se retirer.
Une confrontation similaire sur les éditeurs payants en Australie il y a trois ans a été résolue après une modification de dernière minute de la proposition de loi sur les informations en ligne de ce pays, ouvrant la voie à Google et Meta pour négocier des accords privés avec certains des éditeurs du pays. Mais le Parlement canadien a hésité face aux efforts des entreprises pour édulcorer la législation.
Les partisans de la loi canadienne sur les nouvelles en ligne ont affirmé qu’elle conduirait à un partage « équitable » des revenus publicitaires de la société Internet avec les éditeurs.
Cependant, Google a décrit jeudi la loi canadienne comme une «taxe sur les liens» qui l’obligerait à payer chaque fois que des liens vers des actualités d’éditeurs canadiens apparaîtraient dans ses services.
La loi « crée de l’incertitude pour nos produits et nous expose à une responsabilité financière illimitée simplement pour faciliter l’accès des Canadiens aux nouvelles des éditeurs canadiens », a-t-il déclaré. Il a également affirmé que la facturation de l’affichage de liens “casse la façon dont le Web et les moteurs de recherche sont conçus pour fonctionner”.
Google avait fait pression pour des modifications de la loi qui l’auraient rendue plus acceptable. Contrairement à l’Australie – où sa menace de fermer son service de nouvelles pendant que la loi sur les nouvelles en ligne de ce pays était en cours de débat a été considérée comme une provocation brutale – elle a proposé de nouvelles façons de payer les éditeurs canadiens qui, selon elle, n’auraient pas nui à ses services.
Alors que la loi a été conçue pour canaliser l’argent vers l’industrie canadienne de l’information, la réaction des entreprises technologiques menace d’aggraver la situation des éditeurs du pays en les dépossédant de l’une de leurs plus importantes sources de trafic en ligne.
Selon un rapport sur l’industrie de l’information numérique par l’Institut Reuters et l’Université d’Oxford, Google et Facebook représentaient à leur apogée près de la moitié du trafic vers les éditeurs dans de nombreux pays, bien que cette proportion ait diminué à mesure que les services d’information d’autres sites ont devenir des générateurs d’audience plus importants.

