Le gouvernement De Croo a un nouvel “accord intérimaire” avec Engie pour maintenir dix ans encore les centrales nucléaires de Doel 4 et Tihange 3. Après des mois de négociations, un accord financier a été signé. Engie devra mettre de côté un total de 15 milliards d’euros pour l’élimination des déchets nucléaires belges, a indiqué jeudi le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) dans un communiqué.

Jérôme Van Horenbeek

Depuis mars 2022, le gouvernement De Croo et l’énergéticien français Engie discutent d’un redémarrage de Doel 4 et Tihange 3 après 2025. Ces centrales nucléaires doivent contribuer à assurer l’approvisionnement énergétique maintenant que le robinet de gaz russe est fermé (définitivement ? ) et la France est dans le pétrin avec ses centrales nucléaires. Il existe un accord de démarrage depuis janvier 2023. Maintenant, il y a aussi un accord financier.

L’arrivée d’une facture maximale pour l’élimination des déchets nucléaires belges est un bonus important pour Engie. L’entreprise pêche depuis longtemps. Un montant par mètre cube est désormais fixé pour les déchets faiblement radioactifs et un montant par mètre cube pour les déchets hautement radioactifs. Selon le Premier ministre De Croo, cela concerne “un montant total de 15 milliards d’euros”, qui comprend une prime de risque de 43% pour les coûts imprévus. L’élimination des déchets nucléaires belges prendra de nombreuses années.

“Ce (montant total, JVH) vient s’ajouter aux montants déjà prévus pour le démantèlement des centrales Engie dans notre pays, dont Engie supporte l’intégralité des coûts. Le total des obligations nucléaires du groupe Engie envers la Belgique s’élève à au moins 23 milliards d’euros », a déclaré le Premier ministre. Il existe sept centrales nucléaires en Belgique. Pour cinq d’entre eux, la fermeture – provisoire – semble définitive après 2025.

Le nouvel accord financier a été approuvé par le conseil d’administration d’Engie et le gouvernement fédéral lors du core de mercredi soir. La mise en place concrète est prévue pour fin juillet. Après cela, la Commission européenne doit vérifier s’il n’est pas question d’aides d’État illégales pour l’entreprise énergétique.

Partenariat

Le gouvernement fédéral va conclure un partenariat avec Engie pour maintenir Doel 4 et Tihange 3 ouverts plus longtemps. Il y aura une nouvelle société dans laquelle le gouvernement belge et Engie auront chacun une moitié de participation. C’est un soi-disant véhicule à usage spécial que NuclearSub est baptisé. L’opération proprement dite reste à l’énergéticien, mais l’Etat belge apportera un soutien financier.

Il est déjà certain que le gouvernement et Engie partageront les coûts d’investissement pour prolonger la durée de vie. Pour continuer à exploiter Doel 4 et Tihange 3 plus longtemps, des travaux de rénovation de 1,6 à 2 milliards d’euros sont nécessaires. Ce qui est également certain, c’est qu’il y aura un « mécanisme de prix ». Ce mécanisme devrait permettre à Engie de récupérer ses investissements dans un délai de dix ans. Ce à quoi il ressemblera n’est pas encore tout à fait clair.

Le communiqué de presse de De Croo évoque « une répartition équilibrée des risques (y compris via un mécanisme de Contract for Difference) ». Avec un tel contrat de différence, les entreprises reçoivent une garantie de prix de la part du gouvernement. Si les prix de l’électricité descendent en dessous d’un certain plafond, le gouvernement comble la différence avec des subventions pour garantir qu’une installation reste rentable. Mais il peut aussi y avoir une limite supérieure. Si les prix de l’électricité dépassent ce niveau, les entreprises doivent rembourser leurs revenus au gouvernement.

Le Premier ministre De Croo souligne : « La prolongation des centrales nucléaires Doel 4 et Tihange 3 de 10 ans est désormais fixée. Cet accord est important pour la sécurité d’approvisionnement de nos familles et de nos entreprises. Catherine MacGregor, PDG d’Engie, ajoute : “Après des mois de dialogue intense et constructif avec le gouvernement belge, nous sommes heureux de signer cet accord équilibré pour les deux parties.”

fournitures

En principe, un accord définitif ne sera pas trouvé dans un proche avenir. Selon l’accord initial au début de cette année, le gouvernement ne donnera son approbation finale pour la “partie hautement radioactive” de la facture maximale qu’au printemps 2024. D’ici là, il devrait être clair si Engie fait tout son possible pour que Doel 4 et Tihange 3 soient prêts à temps. Engie s’y est légalement engagé par une obligation de moyens.

Si Engie ne respecte pas cet engagement, le gouvernement ne le signera pas. Le feu vert pour la « partie faiblement radioactive » de la facture ne sera donné qu’une fois l’extension réalisée. En principe, c’est fin 2026. Bien que le communiqué de presse de De Croo indique que le gouvernement et Engie tenteront d’atteindre novembre 2025. Cela permettrait également d’assurer l’approvisionnement durant l’hiver 2025-2026. Selon le gestionnaire de réseau Elia, il est probable que l’hiver soit mis de côté.

Ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Vert) : « Cet accord est bon pour tous les Belges : il offre une certitude sur le coût des déchets nucléaires et une certitude sur l’approvisionnement énergétique de notre pays. Cet accord assure également le financement de la gestion des déchets nucléaires pour toutes les générations futures.



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