“Nous discuterons du rôle du MES dans un monde qui change”, a expliqué le directeur du Mécanisme européen de stabilité Pierre Gramegna avant d’entamer les travaux de la réunion des gouverneurs. L’indication n’est pas considérée comme accidentelle par l’Italie, car l’évolution du scénario dans lequel le Fonds opère est exactement la motivation que le gouvernement a utilisée pour promouvoir une révision du fonctionnement du Mes, au centre de la résistance désormais invétérée de Rome à ratification parlementaire de la réforme approuvée il y a plus de deux ans.
La réunion du jeudi 15 juin était évidemment l’occasion de revenir sur le sujet. Le ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, a dressé un état des lieux actualisé, dans lequel ressort la date de début de la discussion générale à l’hémicycle sur la ratification, le 30 juin, mais aussi les difficultés de la majorité à obtenir un feu vert.
Le commissaire aux affaires économiques Paolo Gentiloni a résumé la réunion comme suit: «Une discussion a commencé sur la manière dont les objectifs du Mes peuvent être développés (…) Le gouvernement italien, par l’intermédiaire du ministre Giancarlo Giorgetti, a réitéré les difficultés qui existent au Parlement italien pour la ratification du traité ».
Selon des informations recueillies en marge de la réunion ici à Luxembourg, le ministre italien des Finances a expliqué à ses homologues qu’il n’y a actuellement pas de majorité au Parlement en faveur de la ratification. Il a souligné qu’un vote négatif pourrait être préjudiciable à la fois à l’Italie et à l’Union européenne. Il a ensuite rappelé que la motion parlementaire approuvée en 2022 conditionne la ratification d’une “évolution du cadre réglementaire européen”.
Mais outre la froide nouvelle offerte par le titulaire du compte, le gouvernement italien avait laissé entendre ces dernières semaines qu’un changement d’attitude du Parlement pourrait intervenir dans le cadre de la réforme du pacte de stabilité. Toujours selon les informations recueillies en marge de la réunion d’hier, l’Autriche a renouvelé haut et fort son appel à l’Italie pour qu’elle respecte sa parole. Les Pays-Bas et l’Allemagne ont exclu la possibilité de faire un lien entre la ratification du nouveau traité MES et la révision des règles budgétaires, actuellement en discussion.


